Résumé de la décision
M. et Mme A... ont fait l'objet d'un examen contradictoire de leur situation fiscale personnelle, entraînant des rehaussements d'impôts qu'ils ont contestés sans succès devant le tribunal administratif. Ils ont ensuite introduit un appel qui a été jugé irrecevable suite à un désistement constaté par la cour administrative d'appel de Nantes. Par la décision en question, le Conseil d'État a rejeté le pourvoi de M. et Mme A..., confirmant que l'ordonnance ne comportait ni irrégularité ni erreur de droit.
Arguments pertinents
1. Respect du délai de production du mémoire récapitulatif : Le président de la formation de jugement avait demandé aux époux A... de produire un mémoire récapitulatif dans un délai d'un mois, leur précisant qu’un défaut de réponse entraînerait le désistement de leur requête. Le constat de désistement, par ordonnance du 27 décembre 2017, était donc justifié par leur absence de réponse. Cela repose sur les dispositions de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative qui stipule : "le président de la formation de jugement [...] peut [...] fixer un délai, qui ne peut être inférieur à un mois [...] à l'issue duquel [...] la partie est réputée s'être désistée."
2. Absence d'irrégularité dans le processus : La cour a noté que, bien que l'instruction fût close à la date où le président a demandé un mémoire récapitulatif, cela n'exonérait pas les requérants de leur obligation de répondre. Le Conseil d'État a affirmé que "la seule circonstance que l'instruction était close [...] n'est, par elle-même, de nature ni à exonérer cette partie de l'obligation de produire un tel mémoire [...] ni à faire obstacle à ce qu'un désistement soit constaté".
Interprétations et citations légales
L’article R. 611-8-1 du code de justice administrative, qui régule les procédures d'instruction des requêtes, est au cœur de cette décision. Il impose à la partie de remettre un mémoire récapitulatif dans un délai approprié, susceptible de contenir des conclusions issues des étapes précédentes de la procédure. Cette obligation est cruciale pour garantir la clarté et l'efficacité du processus judiciaire, reflétant l'intérêt d'une procédure contradictoire.
Dans cette affaire, le Conseil d'État a mis en exergue que l’énoncé des conséquences d'un défaut de réponse souligne le risque d'abandon de la requête, renforçant ainsi la responsabilité des parties vis-à-vis du respect des délais. La décision a également rappelé le principe selon lequel la mise en œuvre des garanties procédurales ne peut être ignorée au nom d'une clôture administrative, soulignant l'importance d'un équilibre entre rigueur procédurale et droits de la défense.
En somme, la décision réaffirme la puissance des normes procédurales tout en ancrant la responsabilité des parties dans leur démarche de contestation.