Résumé de la décision :
Madame B... a été assujettie à diverses impositions fiscales, notamment des cotisations de taxe foncière et de taxe sur les logements vacants. Elle a contesté un jugement du tribunal administratif de Montreuil qui avait rejeté sa demande de décharge concernant ces impositions. La cour a décidé de renvoyer l'affaire concernant la taxe sur les logements vacants à la cour administrative d'appel de Versailles tout en rejetant les conclusions de son pourvoi sur la taxe foncière.
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Arguments pertinents :
1. Nature de la taxe sur les logements vacants : Le litige concernant la taxe sur les logements vacants ne se qualifie pas d'impôt local selon l'article R. 222-13 du code de justice administrative. La cour a souligné que, bien que le contentieux de cette taxe soit régi comme en matière de taxe foncière, il n'entre pas dans la catégorie des cas dont les tribunaux administratifs statuent en premier et dernier ressort.
> « [...] elle n’est pas au nombre des litiges dans lesquels les tribunaux administratifs statuent en premier et dernier ressort [...] »
2. Demande de délai supplémentaire : Le tribunal a rejeté la demande de délai supplémentaire formulée par Mme B... pour produire un mémoire. La cour a indiqué que le juge n'a aucune obligation de faire droit à une telle demande et n’est pas tenu de motiver son refus. Cela souligne le caractère de gestion discrétionnaire du juge.
> « Le juge, auquel il incombe de veiller à la bonne administration de la justice, n'a aucune obligation de faire droit à une demande de délai supplémentaire [...] »
3. Exigences du débat contradictoire : La cour a précisé que le tribunal n'a pas méconnu les droits de la défense ni les exigences du débat contradictoire en refusant le délai supplémentaire puisque la requérante n’a pas apporté des motifs justifiant le report de l’audience.
> « [...] n'a ainsi fait état d'aucune circonstance constituant un motif tiré des exigences du débat contradictoire [...] »
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Interprétations et citations légales :
1. Article R. 222-13 du code de justice administrative : Cet article établit que certains litiges portant sur des impôts locaux doivent être jugés par les tribunaux administratifs. Toutefois, la cour a interprété que la taxe sur les logements vacants ne relève pas de cette catégorie, ce qui justifie le renvoi à la cour administrative d'appel.
> « [...] selon lequel 'Le président du tribunal administratif ou le magistrat qu'il désigne à cette fin [...] statue en audience publique ... sur les recours relatifs aux (...) impôts locaux autres que la taxe professionnelle' »
2. Article L. 761-1 du code de justice administrative : Cet article stipule que les frais d'instance peuvent être mis à la charge d'une partie, mais dans cette affaire, la cour a rejeté les conclusions de Mme B... concernant ce point.
> « [...] les conclusions du pourvoi de Mme B... présentées au titre de la taxe foncière sur les propriétés bâties et des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées [...] »
3. Article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme : La cour a évoqué ce texte pour justifier que le refus de délai supplémentaire ne constituait pas une ingérence dans les droits de la défense.
> « [...] ni, en tout état de cause, les stipulations de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales [...] »
Cette décision met en lumière le cadre juridique qui régit le contentieux des impositions fiscales et le pouvoir discrétionnaire des juges administratifs en matière de gestion des délais et des audiences.