Résumé de la décision
La décision traite des conclusions de requérants concernant l'abattement pour durée de détention applicable lors de la cession de titres. Le Conseil d'État, après avoir examiné plusieurs instructions fiscales et écoulé les cohortes de dispositions légales, a annulé certains paragraphes d'instructions fiscales, tout en rejetant d'autres conclusions sur l'abattement. Plus précisément, le paragraphe 70 de l'instruction BOI-RPPM-PVBMI-20-10-10-20 a été annulé, tandis que les conclusions relatives à certains autres paragraphes ont été rejetées, et l'État est condamné à verser une indemnité aux requérants.
Arguments pertinents
1. Sur l'application d'abattements : Le Conseil d'État a constaté que les requérants n'avaient pas justifié leur éligibilité pour bénéficier des abattements mentionnés dans l'article 150-0 D ter du code général des impôts. Ainsi, il a déclaré que leurs demandes d'annulation de certaines instructions étaient irrecevables, en affirmant que "aucun des requérants ne justifie qu'il respecte les conditions, énoncées au 3 du I de l'article 150-0 D ter du code général des impôts".
2. Sur l'interprétation des instructions fiscales : Le tribunal a relevé que le paragraphe 70 de l'instruction en question, en liant l'application de l'abattement pour durée de détention uniquement aux compléments de prix afférant à des cessions ayant déjà bénéficié de cet abattement, devait être annulé. Cela a été fondé sur l'argument juridique selon lequel "le paragraphe précité méconnaît les dispositions du troisième alinéa du 1 de l'article 150-0 D du code général des impôts".
Interprétations et citations légales
Les dispositions légales appliquées dans la décision révèlent des interprétations précises des textes fiscaux :
- Code général des impôts - Article 150-0 D : Cet article stipule que "le complément de prix [...] est réduit de l'abattement prévu [...] et s'applique également au complément de prix". Cette interprétation souligne l'importance de l'abattement pour durée de détention, qui pourrait ainsi bénéficier à des compléments de prix indépendamment des cessions précédemment réalisées.
- Loi n° 2013-1278 : Ce texte clarifie que les règles d'application de l'abattement pour les gains réalisés à compter du 1er janvier 2013 doivent être respectées, ce qui a également été pris en compte dans la décision.
En résumé, le Conseil d'État a établi qui pouvait bénéficier de ces abattements et a annulé les dispositions contraires à la loi, tout en confirmant l'irrecevabilité des demandes des requérants qui ne remplissaient pas les conditions nécessaires. Cette décision illustre les tensions entre les interprétations des instructions fiscales et les dispositions légalement établies.