Résumé de la décision
La société Intuigo, spécialisée dans la création de logiciels, a demandé un remboursement de crédit d'impôt recherche portant sur 154 450 euros pour l'exercice clos au 31 décembre 2007. L'administration fiscale lui a accordé un remboursement partiel de 124 945 euros, mais a refusé d'inclure certaines dépenses conformément aux b) et c) du II de l'article 244 quater B du code général des impôts. La société a contesté cette décision en appel, et le tribunal administratif a rejeté sa demande. La cour administrative d'appel de Versailles a également rejeté l'appel, ce qui a conduit Intuigo à se pourvoir en cassation. La décision de la Cour administrative d'appel a été annulée, l'affaire renvoyée pour nouvel examen, et l'État condamné à verser 3 000 euros à Intuigo au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Arguments pertinents
L'arrêt met en avant plusieurs considérations essentielles. Premièrement, la cour a erronément jugé que les honoraires relatifs à un consultant mis à disposition par une entreprise individuelle ne pouvaient pas être qualifiés de "dépenses de personnel" selon l'article 244 quater B. La Cour a souligné que "ces dispositions ne limitent pas les dépenses de personnel susceptibles d'ouvrir droit au crédit d'impôt aux seules rémunérations et charges sociales versées pour des personnes employées par l'entreprise" et que les dépenses de personnel incluent également les rémunérations supportées pour des personnes mises à disposition pour effectuer des opérations de recherche dans les locaux de la société.
Interprétations et citations légales
La décision repose sur l'interprétation de plusieurs articles du code général des impôts, notamment :
- Code général des impôts - Article 244 quater B : Cet article énonce que "les dépenses de recherche ouvrant droit au crédit d'impôt sont : [...] b. Les dépenses de personnel afférentes aux chercheurs et techniciens de recherche directement et exclusivement affectés à ces opérations [...]". Ce texte ne fait pas mention d'une restriction quant à la nature de l'employeur, élargissant ainsi le champ des dépenses éligibles.
Par ailleurs, la distinction entre les employés directs et les consultants mis à disposition a conduit la cour à ne pas considérer les dépenses comme éligibles, ce qui a été jugé erroné. La cour a omis de vérifier si le consultant était effectivement engagé dans des opérations de recherche pour le compte de la société Intuigo.
Ces éléments montrent que l'application rigide de la qualification de "dépenses de personnel" sans considérer le contexte de mise à disposition constitue une erreur de droit, ce qui a justifié l'annulation de l'arrêt.