Résumé de la décision
La société civile immobilière Marlin conteste la conformité à la Constitution de certaines dispositions du Code général des impôts, en particulier les mots "sous contrat avec l'Etat au titre des articles L. 442-5 et L. 442-12 du code de l'éducation" qui limitent l'exonération de la taxe sur certains locaux à usage éducatif. Le tribunal administratif de Paris a jugé que cette question était applicable au litige, n'avait pas été examinée par le Conseil constitutionnel et soulevait une question sérieuse quant à la conformité des dispositions contestées avec les principes d'égalité devant la loi et devant les charges publiques. Par conséquent, il a décidé de renvoyer cette question au Conseil constitutionnel.
Arguments pertinents
1. Application au litige : La disposition contestée s'applique effectivement au litige en question, ce qui répond à l'exigence de proximité temporelle entre la disposition législative et le cas concret.
2. Absence de précédents : Le texte litigieux n'a pas été précédemment déclaré conforme à la Constitution, ce qui ouvre la voie à un nouvel examen.
3. Caractère sérieux de la question : La SCI Marlin affirme que la différences de traitement entre établissements privés, selon qu'ils sont ou non sous contrat avec l'État, viole le principe d'égalité. Les articles 6 et 13 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 sont cités pour justifier cette allégation. Les termes utilisés par le tribunal sont clairs : « le moyen tiré de ce que les dispositions citées au point 3 ci-dessus portent atteinte aux droits et libertés garantis par la Constitution soulève une question présentant un caractère sérieux ».
Interprétations et citations légales
1. Ordonnance n° 58-1067 du 7 novembre 1958 : Cette ordonnance précise les règles relatives à la question prioritaire de constitutionnalité, notamment que « le Conseil constitutionnel est saisi de cette question de constitutionnalité à la triple condition... ».
2. Code général des impôts - Article 231 ter : Cet article définit le champ d'application et les exonérations en matière de taxe sur les locaux, précisant les catégories de locaux soumis à cette imposition et les conditions d'exonération :
- « Une taxe annuelle sur... est perçue... » (I)
- « Sont soumises à la taxe les personnes... » (II)
- « Sont exonérés de la taxe... » (V). Ici, le 2° bis mentionne explicitement les établissements privés sous contrat, établissant ainsi un critère de distinction.
3. Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 - Articles 6 et 13 : Ces articles évoquent respectivement l'égalité devant la loi et la nécessité d'une juste contribution aux charges publiques, fournissant un cadre constitutionnel pour critiquer les différences de traitement.
L'analyse montre donc une divergence potentielle entre la législation fiscale et les principes constitutionnels d'égalité, soulevant ainsi des questions cruciales pour le Conseil constitutionnel.