Résumé de la décision
Dans cette affaire, le ministre de l'action et des comptes publics a contesté un jugement du tribunal administratif de Lille, qui avait accordé à M. et Mme C... la décharge d'impositions supplémentaires considérées comme des revenus distribués par la société "La Belle Bâtisse" pour l'année 2006. Le tribunal a reconnu que l'administration fiscale n'avait pas établi que Mme C... disposait des pouvoirs les plus étendus au sein de la société, ce qui aurait justifié l'imposition des sommes considérées comme distribuées. La cour administrative d'appel de Douai a confirmé cette décision, entraînant un pourvoi du ministre. La décision a rejeté ce pourvoi, confirmant ainsi la décharge des impositions.
Arguments pertinents
1. Absence de preuve d'un pouvoir unilatéral : La cour a observé que Mme C... était associée minoritaire et que l'administration fiscale n'a pas su démontrer qu'elle avait le contrôle total sur la société "La Belle Bâtisse". La cour a indiqué que "l'administration n'établissait pas, du seul fait qu'elle y exerçait les fonctions de gérant de droit, que Mme C... aurait disposé seule des pouvoirs les plus étendus au sein de cette société."
2. présomption de distributions : La décision souligne le principe selon lequel un associé majoritaire ou ayant des pouvoirs étendus est présumé avoir appréhendé les bénéfices, ce qui ne s'applique pas à Mme C..., compte tenu de sa position minoritaire.
Interprétations et citations légales
1. Article 109 du Code général des impôts : Cet article précise que "sont considérés comme revenus distribués : 1° Tous les bénéfices ou produits qui ne sont pas mis en réserve ou incorporés au capital". Cela signifie que les revenus considérés comme distribués doivent être effectivement appréhendés par le contribuable.
2. Article 110 du Code général des impôts : Selon cet article, "les bénéfices s'entendent de ceux qui ont été retenus pour l'assiette de l'impôt sur les sociétés". En d'autres termes, la taxation des distributions de profits repose sur l'existence de bénéfices imposables à l'impôt sur les sociétés.
3. Charge de la preuve : Lorsqu'un contribuable refuse les propositions de rectifications, l'administration fiscale doit prouver que le contribuable a effectivement bénéficié des distributions, sauf si ce dernier exerce un contrôle total. Cette notion est essentielle dans l'examen de la situation fiscale des associés minoritaires, comme l'indique la décision : "il incombe à l'administration d'apporter la preuve que celui-ci en a effectivement disposé."
Ainsi, la décision du conseil repose sur une application rigoureuse des textes de loi et une interprétation judicieuse des rôles respectifs des associés dans une société, particulièrement lorsqu'il s'agit de déterminer la présence d'un contrôle effectif sur les bénéfices et les distributions. La confirmation de la décharge des impositions par la cour intervient également dans le contexte d'une décision administrative qui ne parvient pas à établir ses allégations de manière probante.