Résumé de la décision
Dans cette affaire, M. et Mme A... B... ont contesté les cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties pour les années 2016 et 2017 concernant un appartement à Saint-Cyr-l'École. Le tribunal administratif de Versailles avait accordé aux époux B... la décharge de la cotisation de taxe foncière pour l'année 2016, en se basant sur une délibération de la commune qui, selon lui, n'avait pas pour effet de supprimer l'exonération pour les constructions financées par prêts aidés par l'État. Le ministre de l'action et des comptes publics a contesté cette décision. Le Conseil d'État a finalement annulé le jugement de première instance, estimant que le tribunal avait méconnu la lettre et la portée des dispositions fiscales pertinentes.
Arguments pertinents
1. Interprétation des exonérations fiscales : Le tribunal a accordé la décharge sur la base de l’interprétation selon laquelle la délibération de la commune ne supprimait pas l’exonération pour les constructions financées par des prêts aidés. Toutefois, le Conseil d'État a rejeté cette interprétation, stipulant qu'en statuant ainsi, le tribunal "a tout à la fois méconnu la lettre des dispositions précitées" (Voir point 3 de la décision).
2. Pouvoir de délibération des communes : L'article 1383 du Code général des impôts souligne que les communes peuvent supprimer les exonérations fiscales. Le Conseil d'État a affirmé que la commune de Saint-Cyr-l'École avait exercé ce pouvoir et que cette délibération devait être respectée.
3. Annulation du jugement : À la lumière de ces éléments, le Conseil d'État a décidé que l'article 1er du jugement du tribunal administratif devait être annulé, car la décision initiale était fondée sur une interprétation erronée des règles fiscales.
Interprétations et citations légales
1. Exonérations des constructions nouvelles : Selon le Code général des impôts - Article 1383 :
- "I. Les constructions nouvelles, reconstructions et additions de construction sont exonérées de la taxe foncière sur les propriétés bâties durant les deux années qui suivent celle de leur achèvement."
- "V. Les communes... peuvent, par délibération, supprimer... les exonérations prévues aux I et II, en ce qui concerne les immeubles à usage d'habitation achevés à compter du 1er janvier 1992."
Cette disposition donne aux communes la latitude de décider de l'application ou non de l’exonération de taxe foncière, en fonction des financements des constructions.
2. Pouvoir de délibération : L’article mentionne que la délibération peut différencier entre les constructions financées par des "prêts aidés de l'État". Cette distinction est essentielle pour comprendre le cadre légal qui permet aux communes de gérer ces exonérations.
Le Conseil d'État souligne ainsi que la délibération de la commune, bien que conforme à la procédure, a été mal interprétée par le tribunal de première instance, entraînant l'annulation du jugement et le renvoi de l’affaire pour un nouvel examen. Cela montre l'importance cruciale d’appliquer correctement les règles fiscales en tenant compte des délibérations locales.