Résumé de la décision
Mme B..., ancienne militaire, a développé des symptômes de myofasciite à macrophages après avoir reçu des vaccins contre l'hépatite B. Sa demande de pension militaire d'invalidité a été rejetée par le ministre de la défense, sur la base d'un avis défavorable d'une commission consultative médicale. Après une décision de première instance favorable à Mme B..., une cour régionale des pensions a annulé cette décision et a rejeté sa demande. Mme B... s'est pourvue en cassation. La cour administrative a finalement annulé l'arrêt de la cour régionale, soulignant une erreur de droit dans l'analyse des rapports d'expertise, et a renvoyé l'affaire à la cour administrative d'appel de Lyon.
Arguments pertinents
1. Lien de causalité : La cour a évoqué que, bien que les expertises ne permettent pas d'établir un lien de causalité direct entre la vaccination et les symptômes, aucune preuve n'indique que les symptômes soient attribuables à une autre origine. Cela illustre le principe selon lequel "l'absence d'une cause alternative ne suffit pas pour écarter l'hypothèse d'une causalité".
2. Éléments des expertises médicales : La cour a noté que malgré les conclusions des experts, il n'avait pas été examiné si les symptômes étaient apparus après la vaccination ou s'étaient aggravés de manière imprévisible. Cela montre que "le délai d'apparition des symptômes est crucial pour établir un lien avec la vaccination".
3. Erreur de droit : L'arrêt a été annulé car la cour régionale n’a pas effectué les recherches nécessaires relatives aux conditions d’apparition des symptômes, conformément à la jurisprudence qui exige que ces éléments soient établis pour juger d'un lien de causalité.
Interprétations et citations légales
1. Interprétation du Code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de la guerre :
- Code des pensions militaires d'invalidité - Article L. 2 : "Ouvrent droit à pension : (...) 2° Les infirmités résultant de maladies contractées par le fait ou à l'occasion du service (...)". Cet article souligne que les maladies contractées en lien avec le service militaire peuvent donner droit à une pension, condition utilisant le terme "résultant", qui invite à établir une causalité.
2. Critères de causalité :
- Code des pensions militaires d'invalidité - Article L. 4 : Celui-ci stipule qu'une pension peut être accordée selon le degré d'invalidité. L'interprétation de cet article par la cour fait ressortir que la preuve d’une maladie résultant d’un acte de service est primordiale et que le seuil d’invalidité doit être atteint, indiquant que "l'évaluation des symptômes et de leur origine sont déterminants pour la prise en charge".
3. Obligation de recherche :
- Il a été souligné que la cour régionale a failli à son obligation d'investigation en ne vérifiant pas si les symptômes avaient émergé dans un délai normal ou s'ils avaient évolué de manière inattendue, en contradiction avec les exigences posées par la jurisprudence administrative, qui stipule que l'administration doit examiner toutes les hypothèses causales pouvant justifier un recours.
En somme, la décision met en exergue la nécessité de démontrer un lien de causalité établissant que les symptômes ont effectivement été causés par la vaccination, et la cour souligne l'erreur de droit en l'absence d'une telle évaluation.