Résumé de la décision
La société Begedis, exploitant un supermarché et une station de carburant à Belin-Beliet (Gironde), avait contesté le jugement du tribunal administratif de Bordeaux qui rejetait sa demande de réduction de la taxe sur les surfaces commerciales pour les années 2016 et 2017. Elle se plaignait de l'irrégularité ayant affecté le jugement en raison de l'absence de signature du rapporteur. La cour a annulé le jugement litigieux tout en rejetant la demande de la société sur le fond, déterminant que les deux établissements constitueraient un seul établissement pour le calcul de la taxe, et a refusé d'accorder des frais de justice à sa charge.
Arguments pertinents
1. Irrégularité de forme : La décision a d'abord relevé qu'une irrégularité substantielle entachait le jugement du tribunal administratif, car celui-ci ne portait pas la signature du rapporteur. Conformément à l'article R. 741-7 du Code de justice administrative, « la minute de la décision est signée par le président de la formation de jugement, le rapporteur et le greffier d'audience ». L'absence de signature a rendu le jugement annulable.
2. Unité de l'établissement : Sur le fond, la cour a conclu que le supermarché et la station de carburant constituent un seul établissement. Elle a précisé que, selon le décret du 26 janvier 1995, les locaux d'une même entreprise sont considérés comme un établissement à partir du moment où ils sont assujettis à une même cotisation foncière des entreprises, malgré le fait qu'ils soient sur des parcelles distinctes. La cour a affirmé : « la société Begedis n'est pas fondée à soutenir qu'ils constituent deux établissements distincts ».
3. Interprétation de la loi fiscale : La cour a également examiné la position de la société fondée sur le Bulletin Officiel des Impôts (BOI-TFP-TSC). Cependant, elle a jugé que ce bulletin ne contenait aucune interprétation qui contredirait la présente décision, ce qui a confirmé la position du tribunal.
Interprétations et citations légales
1. Code de justice administrative - Article R. 741-7 : Ce texte régit les conditions de validité des jugements rendus par les tribunaux administratifs, précisant que les décisions doivent être signées par les membres de la formation judiciaire. Cette exigence vise à garantir la légitimité et la traçabilité des décisions judiciaires.
2. Loi n° 72-657 du 13 juillet 1972 - Article 3 : Cet article définit les modalités d'assiette de la taxe sur les surfaces commerciales, stipulant qu'elle s'applique à « la surface de vente des magasins de commerce de détail » et précisant les conditions d'exclusion de certaines surfaces. La cour a appliqué ce texte pour affirmer que la surface de vente ne peut pas être dissociée dans le cas de plusieurs locaux d'une même entreprise sous une même adresse ou assujettis à une même taxe.
3. Décret n° 95-85 du 26 janvier 1995 - Article 1er : Ce décret précise la définition des établissements pour l'application de la taxe. Le principe selon lequel plusieurs locaux formant un ensemble géographiquement cohérent constituent un seul établissement a été fondamental dans la décision.
En conclusion, la décision illustre un équilibre entre les exigences procédurales et les fondements juridiques de la taxation des surfaces commerciales en dépit de l'irrégularité formelle qui a conduit à l'annulation du précédent jugement.