Résumé de la décision
M. A... B... a été condamné par le tribunal correctionnel de Basse-Terre à deux ans d'emprisonnement, accompagné de peines complémentaires de privation de ses droits civiques et électoraux. Suite à cette condamnation, le préfet de la région Guadeloupe a déclaré M. B... démissionnaire d'office de son mandat de conseiller régional. M. B... conteste cette décision en demandant son annulation. Le Conseil d'Etat a rejeté sa requête, confirmant que le préfet était tenu de déclarer M. B... démissionnaire d'office, étant donné sa privation de droits électoraux consécutive à sa condamnation.
Arguments pertinents
1. Inéligibilité automatique : Selon l'article L. 341 du code électoral, un conseiller régional devenu inéligible à la suite d'une condamnation pénale est déclaré démissionnaire d'office par le préfet. La décision de ce dernier repose sur des faits juridiques établis par un jugement pénal.
- Citation pertinente : "Tout conseiller régional qui, pour une cause survenue postérieurement à son élection… est déclaré démissionnaire d'office par arrêté du représentant de l'Etat dans la région."
2. Exécution provisoire des peines : Le tribunal a décidé d'appliquer l'exécution provisoire de la privation des droits civiques et électoraux, ce qui justifie la réaction du préfet.
- Citation pertinente : "Les sanctions pénales prononcées… peuvent être déclarées exécutoires par provision." (Code de procédure pénale - Article 471)
3. Mauvaise motivation alléguée : Les arguments soutenant que le préfet aurait insuffisamment motivé son arrêté en omettant des références précises au jugement pénal sont considérés comme inopérants, car la cause de démission était clairement établie par la condamnation.
- Citation pertinente : "Le préfet était tenu de déclarer M. B... démissionnaire d'office."
Interprétations et citations légales
L'interprétation des textes applicables indique une rigueur dans l'application de la loi concernant l'inéligibilité et la démission d'office.
- Code électoral - Article L. 341 : Ce texte précise que la perte des droits civiques et électoraux due à une condamnation entraîne une démission automatique, soulignant l'absence de marge de manœuvre pour le préfet dans de tels cas. Cette interprétation vise à garantir l’intégrité des mandats électifs et à sécuriser le processus électoral face à des condamnations pénales.
- Code de procédure pénale - Article 471 : L'exécution provisoire met en lumière le pouvoir des juridictions pénales de rendre leurs décisions immédiatement applicables, ce qui influence directement le statut de M. B... Comme le souligne la décision : "Cette décision en date du 23 février 2018 constitue… la cause, survenue postérieurement à l'élection du requérant, qui le prive du droit électoral."
En somme, la décision confirme que les mécanismes juridiques entourant l'inéligibilité suite à condamnation pénale sont strictement appliqués, limitant largement les capacités de recours des élus touchés dans de telles circonstances.