Résumé de la décision
La décision concerne un recours en cassation formé par le ministre de l'intérieur à l'encontre d'un jugement du tribunal administratif de Bordeaux qui avait annulé une décision constatant la perte de validité du permis de conduire de M. B... pour solde de points nul. Cette perte était due à plusieurs infractions au code de la route commises entre 2009 et 2015. Le Conseil d'État annule le jugement du tribunal administratif pour erreur de droit, en indiquant que celui-ci n’a pas pris en compte les conditions de reconstitution des points sur le permis de conduire de M. B..., et renvoie l'affaire au même tribunal.
Arguments pertinents
1. Erreur de droit du tribunal administratif : Le Conseil d'État souligne que le tribunal a omis de vérifier si M. B... avait commis des infractions de classe supérieure depuis la dernière reconstitution de son capital de points. Cela constitue une erreur dans l'application des dispositions légales en matière de reconstitution de points de permis.
2. Application des délais de reconstitution : Conformément à l'article L. 223-6 du code de la route, le Conseil d'État rappelle que la reconstitution intégrale du capital de points se base sur les événements liés à la réalité des infractions. Le tribunal aurait dû examiner le statut des infractions réalisées après le 1er janvier 2011.
> "Si le titulaire du permis de conduire n'a pas commis... une nouvelle infraction ayant donné lieu au retrait de points, son permis est affecté du nombre maximal de points" (Code de la route - Article L. 223-6).
Interprétations et citations légales
Interprétations des textes de loi
- Article L. 223-6 du Code de la route : Cet article stipule que le délai de reconstitution du capital de points d'un permis de conduire est de deux ans après la dernière infraction sanctionnée, mais porté à trois ans si l'infraction est d'un certain degré (délit ou contravention de quatrième ou cinquième classe). L'analyse de la réalité de l'infraction conclue à la nécessité de vérifier l'historique d'infractions de l'individu concerné.
- Loi n° 2011-267 du 14 mars 2011 : Cette loi a introduit des modifications par rapport aux conditions de reconstitution des points. Le Conseil d'État s’appuie sur cette loi pour expliquer que les infractions commises avant 2011 doivent être considérées selon les règles en vigueur à l'époque, tandis que celles commises après doivent respecter le nouveau cadre réglementaire.
> "Le délai de deux ans... est porté à trois ans si l'une des infractions ayant entraîné un retrait de points est un délit ou une contravention de la quatrième ou de la cinquième classe" (Loi n° 2011-267 - Article 76).
Conclusion
En conclusion, le Conseil d'État annule le jugement du tribunal administratif de Bordeaux en raison de l’omission d’une analyse approfondie des infractions passées de M. B... et de leur impact sur la validité de son permis de conduire. L'affaire est renvoyée au même tribunal pour réexamen conforme aux principes énoncés.