Résumé de la décision
Dans cette affaire, la requête de MM. D... et A... a été rejetée suite à un décret ayant réorganisé la délimitation des cantons dans le département de l'Ariège. Ce décret a réduit le nombre de cantons de vingt-deux à treize, en conformité avec la loi n° 2013-403 du 17 mai 2013. Les requérants contestaient à la fois la procédure de consultation du conseil départemental et la pertinence de la délimitation, arguant que celle-ci ne prenait pas en compte les bassins de vie. Toutefois, le Conseil d'État a jugé que les règles de délimitation avaient été respectées et que les critiques des requérants n'étaient pas fondées.
Arguments pertinents
1. Procédure de consultation : Le Conseil d'État a affirmé qu’aucune disposition n'imposait la consultation individuelle des maires ou des conseillers généraux séparément de la consultation du conseil départemental. Par conséquent, le vice de procédure allégué a été écarté :
> "Aucune disposition, non plus qu'aucun principe, n'imposait de procéder, préalablement à l'intervention du décret, à une consultation individuelle des maires."
2. Délimitation des cantons : Les requérants soutenaient que le décret ne tenait pas compte des bassins de vie et des périmètres des établissements publics de coopération intercommunale. Le Conseil a déclaré que rien n'obligeait le gouvernement à faire coïncider les nouvelles limites des cantons avec ces périmètres :
> "ni les dispositions précitées ni aucun autre disposition ne… imposent… que les limites des nouveaux cantons… coïncident avec les périmètres…"
3. Absence d'erreur manifeste : Le Conseil a également relevé que la délimitation respectait les exigences légales et qu'aucune erreur manifeste d'appréciation n'était avérée :
> "il ne ressort pas des pièces du dossier que cette délimitation serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation."
Interprétations et citations légales
1. Code électoral - Article L. 191-1 : Cet article établit les conditions de la réduction du nombre de cantons, précisant que pour chaque département, le nombre de cantons est égal à la moitié du nombre de cantons existant au 1er janvier 2013. Cette loi impose également un plancher pour les départements en termes de nombre minimum de cantons, ce qui justifiait la révision opérée dans l'Ariège.
2. Code général des collectivités territoriales - Article L. 3113-2 : Cet article décrit les procédures de délimitation et impose certaines obligations, comme la nécessité d'entités territoriales continues et démographiques. Les points suivants en relation avec cet article soulignent sa pertinence :
- III-a : "Le territoire de chaque canton est défini sur des bases essentiellement démographiques."
- III-c : "Est entièrement comprise dans le même canton toute commune de moins de 3 500 habitants."
3. Principes généraux : La décision souligne que les limites des cantons ne constituent pas un cadre stricte à celui des bassins de vie, permettant une certaine latitude au gouvernement dans l’organisation des circonscriptions électorales.
En conclusion, cette décision du Conseil d'État a confirmé la légalité du décret en question, rejetant les critiques des requérants et affirmant que, bien que d'autres délimitations auraient pu être envisagées, celles choisies respectaient pleinement les normes établies.