Résumé de la décision
L'association Défense des milieux aquatiques a demandé au Conseil d'État d'annuler une ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Pau, qui avait rejeté sa demande de suspension d'un arrêté préfectoral autorisant la pêche aux engins et filets des saumons et autres espèces migratrices. Le Conseil d'État a admis le pourvoi en ce qui concerne la demande de suspension fondée sur l'article L. 122-11 du code de l'environnement, mais a rejeté le surplus des conclusions.
Arguments pertinents
1. Insuffisance de motivation : L'association a soutenu que le juge des référés n'avait pas suffisamment motivé sa décision en affirmant qu'aucun moyen ne créait un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté. Le Conseil d'État a reconnu que ce point méritait d'être examiné.
2. Erreur de droit sur l'évaluation environnementale : L'association a argué que l'arrêté devait faire l'objet d'une évaluation environnementale préalable, conformément à l'article L. 414-4 du code de l'environnement. Le juge des référés aurait commis une erreur en considérant que cet arrêté n'était pas soumis à cette exigence.
3. Condition d'urgence : L'association a également contesté l'appréciation du juge des référés sur la condition d'urgence, affirmant que ce dernier avait dénaturé les pièces du dossier.
4. Absence de base légale : Enfin, l'association a soutenu que l'arrêté était dépourvu de base légale en raison de la suspension d'un arrêté antérieur lié à la gestion des poissons migrateurs, ce qui aurait dû entraîner la suspension de l'arrêté contesté.
Interprétations et citations légales
1. Article L. 122-11 du code de l'environnement : Cet article stipule que "lorsqu'un acte administratif est susceptible d'affecter l'environnement, il doit être précédé d'une évaluation environnementale". L'association a soutenu que l'arrêté préfectoral en question devait être soumis à cette évaluation, ce qui n'a pas été pris en compte par le juge des référés.
2. Article L. 414-4 du code de l'environnement : Cet article précise que certains actes, notamment ceux ayant un impact sur les espèces protégées, doivent faire l'objet d'une évaluation environnementale. Le Conseil d'État a reconnu que les arguments de l'association sur ce point méritaient d'être examinés.
3. Article L. 761-1 du code de justice administrative : Cet article permet au juge de condamner l'État à verser une somme au titre des frais exposés par une partie. L'association a demandé une indemnité de 3 000 euros, mais le Conseil d'État n'a pas statué sur ce point dans la décision.
En conclusion, le Conseil d'État a admis une partie des conclusions du pourvoi, soulignant l'importance de l'évaluation environnementale dans le cadre des décisions administratives affectant l'environnement, tout en rejetant d'autres arguments qui n'ont pas été jugés suffisamment sérieux.