Résumé de la décision
L'association Défense des milieux aquatiques a contesté l'ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Pau qui avait rejeté sa demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 27 mars 2023, autorisant la pêche aux engins et filets des poissons migrateurs dans les Landes. Le Conseil d'État a admis le pourvoi de l'association concernant la demande de suspension fondée sur l'article L. 122-11 du code de l'environnement, mais a rejeté le surplus des conclusions.
Arguments pertinents
1. Insuffisance de motivation : L'association a soutenu que le juge des référés n'avait pas suffisamment motivé sa décision en affirmant qu'aucun moyen ne créait un doute sérieux sur la légalité de l'arrêté. Le Conseil d'État a reconnu que ce point méritait d'être examiné.
2. Erreur de droit sur l'évaluation environnementale : L'association a argué que l'arrêté aurait dû faire l'objet d'une évaluation environnementale préalable, conformément à l'article L. 414-4 du code de l'environnement. Le Conseil d'État a jugé pertinent d'examiner ce moyen.
3. Condition d'urgence : L'association a également contesté la conclusion du juge des référés sur l'absence d'urgence. Le Conseil d'État a noté que ce point nécessitait une analyse plus approfondie.
4. Absence de base légale : L'association a fait valoir que l'arrêté était dépourvu de base légale en raison de la suspension d'un arrêté antérieur relatif au plan de gestion des poissons migrateurs. Ce point a également été jugé digne d'examen.
Interprétations et citations légales
1. Article L. 122-11 du code de l'environnement : Cet article stipule que "lorsqu'un acte administratif est susceptible de porter atteinte à l'environnement, il peut être suspendu si son illégalité est manifeste". Le Conseil d'État a considéré que les arguments de l'association concernant l'absence d'évaluation environnementale préalable pourraient créer un doute sérieux sur la légalité de l'arrêté.
2. Article L. 414-4 du code de l'environnement : Cet article impose une évaluation environnementale pour certains actes administratifs. Le Conseil d'État a reconnu que l'arrêté en question pourrait être soumis à cette exigence, ce qui justifie l'examen de la demande de suspension.
3. Article L. 822-1 du code de justice administrative : Cet article précise que le pourvoi en cassation doit être fondé sur des moyens sérieux. Le Conseil d'État a admis que certains des moyens soulevés par l'association étaient suffisamment sérieux pour justifier l'examen de la demande de suspension.
En conclusion, le Conseil d'État a admis partiellement le pourvoi de l'association, soulignant l'importance de l'évaluation environnementale et la nécessité d'examiner les doutes soulevés quant à la légalité de l'arrêté préfectoral.