Résumé de la décision
L'association Vigilance Halal, protection et respect de l'animal et du consommateur a demandé la suspension de l'exécution de la circulaire n° INTK19001755 du ministre de l'intérieur et du ministre de l'agriculture et de l'alimentation, datée du 28 mai 2019, qui réglemente les abattoirs temporaires pour la célébration de l'Aïd-el-kébir. L'association a invoqué plusieurs moyens, notamment l'incompétence de la circulaire, la méconnaissance du principe d'interdiction des aides des collectivités territoriales aux cultes, et des violations des principes de précaution et d'équilibre entre liberté religieuse et santé publique. Le Conseil d'État a rejeté la requête, considérant que les moyens avancés ne créaient pas de doute sérieux quant à la légalité de la circulaire.
Arguments pertinents
1. Incompétence de la circulaire : L'association a soutenu que la circulaire était entachée d'incompétence, mais le Conseil d'État a jugé que ce moyen ne suffisait pas à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision.
2. Interdiction des aides aux cultes : L'argument selon lequel la circulaire méconnaissait le principe d'interdiction des aides des collectivités territoriales aux cultes n'a pas été retenu comme fondamental pour justifier la suspension.
3. Équilibre entre liberté religieuse et santé publique : Le Conseil a noté que la circulaire respectait l'équilibre établi par la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne, qui prend en compte à la fois la liberté religieuse et les exigences de santé publique, de bien-être animal, de protection du consommateur et de préservation de l'environnement.
4. Principe de précaution : Les arguments relatifs à la violation du principe de précaution concernant la santé humaine, animale et l'environnement n'ont pas été jugés suffisants pour créer un doute sérieux sur la légalité de la circulaire.
Interprétations et citations légales
1. Article L. 521-1 du Code de justice administrative : Cet article stipule que le juge des référés peut ordonner la suspension d'une décision administrative lorsque l'urgence le justifie et qu'il existe un moyen créant un doute sérieux quant à la légalité de la décision. Le Conseil d'État a appliqué cet article pour évaluer la demande de suspension.
2. Jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne : Le Conseil a fait référence à l'équilibre entre la liberté religieuse et les exigences de santé publique, en se basant sur la jurisprudence de la CJUE, sans citer de décision spécifique, mais en soulignant l'importance de cet équilibre dans l'évaluation des mesures réglementaires.
3. Principe de précaution : Bien que le principe de précaution soit un principe fondamental en matière de protection de la santé et de l'environnement, le Conseil a estimé que les arguments présentés par l'association ne démontraient pas une violation manifeste de ce principe dans le cadre de la circulaire.
En conclusion, le Conseil d'État a rejeté la requête de l'association, considérant que les moyens avancés ne créaient pas de doute sérieux quant à la légalité de la circulaire, et a ordonné la notification de sa décision aux parties concernées.