Résumé de la décision
La société par actions simplifiée unipersonnelle (SASU) La Toison d'Or a obtenu du tribunal administratif de Dijon la décharge d'une cotisation de taxe d'enlèvement des ordures ménagères pour l'année 2020. L'établissement public de coopération intercommunale (EPCI) Dijon Métropole a contesté ce jugement devant le Conseil d'État. Cependant, le Conseil d'État a déclaré le pourvoi de l'EPCI manifestement irrecevable, en raison de son absence de qualité pour agir dans ce litige, et a donc ordonné le non-admission du pourvoi.
Arguments pertinents
1. Absence de qualité pour agir : Le Conseil d'État a souligné que l'EPCI Dijon Métropole n'avait pas la qualité de partie au litige, car les services de l'État sont seuls compétents pour agir dans les litiges relatifs à l'assiette et au recouvrement de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères. Cela est fondé sur les dispositions du Code général des impôts et du Code général des collectivités territoriales.
> "Il résulte de ces dispositions que la taxe d'enlèvement des ordures ménagères, qui revêt le caractère d'un impôt local, est établie, liquidée et recouvrée par les services de l'État pour le compte de la commune ou de l'établissement public de coopération intercommunale qui en est le bénéficiaire légal."
2. Irrecevabilité manifeste : Le Conseil d'État a conclu que le pourvoi était manifestement irrecevable, ce qui a conduit à sa non-admission.
> "Son pourvoi est, par suite, manifestement irrecevable et ne peut, dès lors, être admis."
Interprétations et citations légales
1. Code général des impôts - Article 1520 : Cet article précise que les communes et les EPCI peuvent instituer une taxe pour couvrir les dépenses liées à la collecte et au traitement des déchets ménagers. Il établit le cadre légal pour la création de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères.
> "Les communes qui assurent au moins la collecte des déchets des ménages peuvent instituer une taxe destinée à pourvoir aux dépenses du service de collecte et de traitement des déchets ménagers..."
2. Code général des impôts - Article 316 de l'annexe II : Cet article stipule que les rôles de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères sont établis et recouvrés comme en matière de contributions directes, ce qui renforce l'idée que les services de l'État sont les seuls compétents pour gérer ces litiges.
> "Les rôles de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères sont établis et recouvrés et les réclamations présentées, instruites et jugées comme en matière de contributions directes."
3. Code de justice administrative - Article L. 822-1 : Cet article établit la procédure d'admission des pourvois en cassation devant le Conseil d'État, précisant que ceux-ci peuvent être déclarés irrecevables s'ils ne reposent sur aucun moyen sérieux.
> "Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux."
En conclusion, le Conseil d'État a statué sur la question de la qualité pour agir dans le cadre des litiges relatifs à la taxe d'enlèvement des ordures ménagères, affirmant que seul l'État a cette qualité, ce qui a conduit à l'irrecevabilité du pourvoi de l'EPCI Dijon Métropole.