Résumé de la décision
La société par actions simplifiée Temel Immo a saisi le juge des référés du tribunal administratif de Grenoble pour demander la suspension de l'arrêté n° 2023-36 du 2 octobre 2023, qui exerçait le droit de préemption urbain sur une propriété à Evian-les-Bains. Le juge des référés a rejeté cette demande par une ordonnance du 10 janvier 2024. Temel Immo a ensuite formé un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État, qui a décidé, par ordonnance du 5 mars 2024, de ne pas admettre le pourvoi, considérant que les moyens soulevés n'étaient pas de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision de préemption.
Arguments pertinents
1. Insuffisance de motivation et erreurs de droit : Temel Immo a soutenu que le juge des référés avait insuffisamment motivé son ordonnance et commis des erreurs de droit en considérant que les moyens d'incompétence, d'absence d'antériorité et de réalité du projet, ainsi que l'absence d'intérêt général suffisant, n'étaient pas propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision de préemption. Le Conseil d'État a jugé que ces moyens n'étaient pas fondés.
2. Absence de doute sérieux : Le Conseil d'État a conclu que les arguments présentés par Temel Immo ne permettaient pas d'établir un doute sérieux sur la légalité de l'arrêté de préemption, ce qui est une condition nécessaire pour l'admission d'un pourvoi en cassation.
Interprétations et citations légales
1. Article L. 822-1 du code de justice administrative : Cet article stipule que "Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission." Cela signifie que le Conseil d'État doit d'abord évaluer si le pourvoi est recevable et fondé sur des moyens sérieux avant de l'examiner au fond.
2. Article R. 822-5 du code de justice administrative : Les alinéas de cet article précisent que le président de la chambre peut décider de ne pas admettre les pourvois manifestement dépourvus de fondement, notamment ceux dirigés contre des ordonnances prises en application du livre V. Cela souligne la possibilité pour le Conseil d'État de rejeter rapidement des pourvois qui ne présentent pas de sérieux fondement juridique.
3. Critères d'admission : Le Conseil d'État a appliqué les critères d'admission en se basant sur l'absence de doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée, ce qui est essentiel pour qu'un pourvoi soit examiné. Les moyens soulevés par Temel Immo n'ont pas été jugés suffisants pour remettre en question la légalité de l'arrêté de préemption.
En conclusion, le Conseil d'État a confirmé que les arguments de la société Temel Immo ne remplissaient pas les conditions nécessaires pour l'admission de son pourvoi, en se fondant sur une interprétation stricte des dispositions du code de justice administrative.