Résumé de la décision
La société Saint Ferréol a demandé la suspension de l'exécution d'un arrêté du maire de Bollène, qui avait constaté la caducité d'un permis de construire délivré en 2019. Le juge des référés du tribunal administratif de Nîmes a suspendu cet arrêté. La commune de Bollène a alors formé un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État, demandant l'annulation de l'ordonnance du juge des référés. Par une ordonnance du 20 mars 2024, le Conseil d'État a déclaré le pourvoi non admis, considérant que les moyens soulevés par la commune n'étaient pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.
Arguments pertinents
1. Irrégularité de procédure : La commune soutenait que la note en délibéré qu'elle avait produite n'avait pas été communiquée à la société Saint Ferréol, ce qui constituerait une violation du principe du contradictoire. Cependant, le Conseil d'État a jugé que cet argument ne suffisait pas à remettre en cause la décision du juge des référés.
2. Erreur de droit et dénaturation des pièces : La commune a également argué que le juge des référés n'avait pas correctement apprécié les travaux réalisés avant le 14 mars 2022 et qu'il avait erronément conclu à l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté de caducité. Le Conseil d'État a estimé que cet argument ne justifiait pas l'admission du pourvoi.
3. Dénaturation des pièces du dossier : Enfin, la commune a fait valoir que le juge des référés avait dénaturé les pièces en considérant que l'exécution de l'arrêté de caducité exposerait les constructions à des dégradations. Le Conseil d'État a conclu que cet argument n'était pas suffisant pour admettre le pourvoi.
Interprétations et citations légales
1. Article L. 822-1 du Code de justice administrative : Cet article stipule que "le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission". Le Conseil d'État a appliqué cette disposition pour examiner la recevabilité du pourvoi de la commune.
2. Article R. 822-5 du Code de justice administrative : Cet article précise que le président de la chambre peut décider de ne pas admettre les pourvois manifestement dépourvus de fondement. Le Conseil d'État a jugé que les moyens soulevés par la commune étaient manifestement non fondés, ce qui a conduit à la décision de non-admission.
3. Principes du contradictoire : Le principe du contradictoire, bien que fondamental, n'a pas été jugé violé dans ce cas, car le Conseil d'État a considéré que la non-communication de la note en délibéré ne portait pas atteinte à l'équité du procès.
En conclusion, le Conseil d'État a confirmé que les arguments de la commune de Bollène ne justifiaient pas l'admission du pourvoi, en se fondant sur une interprétation stricte des règles de procédure et des principes juridiques applicables.