Résumé de la décision
M. B A a saisi le juge des référés du tribunal administratif de Montreuil pour demander la suspension de sa décision de suspension de ses fonctions d'attaché temporaire d'enseignement par le président de l'Université Sorbonne Paris Nord, ainsi qu'un réexamen de sa situation. Par une ordonnance du 4 janvier 2024, le juge a rejeté sa demande. M. A a ensuite formé un pourvoi devant le Conseil d'État, qui a constaté que la décision de suspension avait épuisé tous ses effets, rendant le pourvoi sans objet. En conséquence, le Conseil d'État a décidé qu'il n'y avait pas lieu de statuer sur les conclusions de M. A et a rejeté ses demandes de frais.
Arguments pertinents
1. Épuisement des effets de la décision : Le Conseil d'État a souligné que, selon l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension d'une décision administrative ne peut être demandée que si celle-ci n'a pas épuisé tous ses effets. En l'espèce, la décision de suspension de M. A, prise le 16 novembre 2023, avait déjà produit tous ses effets avant la décision du Conseil d'État, rendant ainsi le pourvoi sans objet.
> "Il ressort des pièces du dossier soumis au juge des référés que, par une décision du 16 novembre 2023, le président de l'université Sorbonne Paris Nord a suspendu de ses fonctions M. A... A la date de la présente ordonnance, la décision du 16 novembre 2023 a donc épuisé tous ses effets."
2. Absence de droit à indemnisation : Le Conseil d'État a également rejeté les conclusions de M. A au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, considérant qu'il n'y avait pas lieu de faire droit à ses demandes de frais.
> "Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par M. A au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991."
Interprétations et citations légales
1. Article R. 822-5 du code de justice administrative : Cet article permet au président de la chambre du Conseil d'État de constater qu'il n'y a plus lieu de statuer sur un pourvoi devenu sans objet. Cela souligne l'importance de l'effet des décisions administratives dans le cadre des procédures de référé.
> "Lorsque le pourvoi devient sans objet avant son admission, le président de la chambre peut constater par ordonnance qu'il n'y a plus lieu d'y statuer."
2. Article L. 521-1 du code de justice administrative : Cet article précise les conditions dans lesquelles un justiciable peut demander la suspension d'une décision administrative, en insistant sur le fait que la décision ne doit pas avoir épuisé tous ses effets.
> "Les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne permettent au justiciable de demander la suspension d'une décision administrative qu'à la condition que celle-ci n'ait pas épuisé tous ses effets."
En conclusion, la décision du Conseil d'État repose sur une interprétation stricte des effets des décisions administratives et des conditions de recevabilité des demandes de suspension, ce qui a conduit à la constatation que le pourvoi de M. A était devenu sans objet.