Résumé de la décision
La société Zebrasoma a introduit une requête devant le Conseil d'État pour contester sa radiation du tableau de l'ordre des vétérinaires, prononcée par le Conseil national de l'ordre des vétérinaires. En plus de demander l'annulation de cette décision, Zebrasoma a sollicité un renvoi préjudiciel à la Cour de justice de l'Union européenne concernant l'interprétation d'une directive européenne sur la possibilité pour un État membre d'interdire à certains opérateurs économiques de détenir des parts dans des établissements vétérinaires. Cependant, par un mémoire enregistré le 16 juillet 2024, Zebrasoma a décidé de se désister de sa requête. Le Conseil d'État a pris acte de ce désistement et a rejeté les demandes de frais présentées par le Conseil national de l'ordre des vétérinaires.
Arguments pertinents
1. Droit au désistement : Le Conseil d'État a constaté que le désistement de la société Zebrasoma était "pur et simple", ce qui signifie qu'il n'y avait pas d'obstacle à ce qu'il en soit donné acte. Cela souligne le droit des parties à se retirer d'une procédure sans condition, tant que le désistement est explicite.
2. Frais de justice : Le Conseil d'État a décidé qu'il n'y avait pas lieu de faire droit à la demande de frais du Conseil national de l'ordre des vétérinaires, en raison des circonstances de l'espèce. Cela indique une certaine prudence dans l'imposition de frais, même lorsque la partie adverse se désiste.
Interprétations et citations légales
1. Droit au désistement : L'article R. 122-12 du code de justice administrative stipule que "Le président de la section du contentieux, les présidents adjoints de cette section, les présidents de chambre et les conseillers d'Etat mentionnés au quatrième alinéa de l'article R. 122-7 peuvent, par ordonnance : 1° Donner acte des désistements". Cette disposition confère au Conseil d'État le pouvoir d'accepter les désistements, renforçant ainsi la flexibilité procédurale.
2. Frais de justice : L'article L. 761-1 du code de justice administrative prévoit que "Dans les litiges devant les juridictions administratives, la partie qui perd peut être condamnée à payer à l'autre partie une somme au titre des frais exposés". Cependant, le Conseil d'État a exercé son pouvoir discrétionnaire en rejetant la demande de frais, ce qui montre que la décision de condamner une partie aux dépens n'est pas automatique et dépend des circonstances spécifiques de chaque affaire.
En conclusion, cette décision illustre le droit des parties à se désister d'une procédure et la discrétion du juge administratif en matière de frais de justice, tout en s'appuyant sur des dispositions claires du code de justice administrative.