Résumé de la décision
Dans cette affaire, M. et Mme C... contestent un jugement du tribunal administratif de Lyon daté du 21 octobre 2015, par lequel ils ont été assujettis à des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales. Ces impositions sont liées à des indemnités kilométriques perçues par M. C... en 2008 dans le cadre de son activité au sein de la SARL Ets C..., dont il était le gérant jusqu'au 1er février 2008. La cour a finalement rejeté leur requête, confirmant que les motifs mis en avant par l'administration fiscale pour la réintégration d'une somme de 33 666 euros dans leurs revenus imposables étaient fondés.
Arguments pertinents
1. Imposition des indemnités kilométriques: Les requérants soutiennent que les indemnités qu'ils ont perçues sont justifiées par des frais professionnels. Ils contestent la limitation par l'administration à 10 000 euros, arguant qu'ils peuvent prouver le montant réellement engagé.
2. Absence de justificatifs: La cour souligne que les requérants n'ont pas produit de justificatifs probants pour contester les impositions. En l'absence de bulletins de salaire et sans documents prouvant le caractère professionnel des déplacements, les indemnités ne peuvent pas être admises comme frais professionnels.
3. Estimation de l'administration: En ce qui concerne le second semestre 2008, bien que l'administration ait consenti à un montant de 10 000 euros, les tableaux de frais présentés par M. et Mme C... n'étaient pas accompagnés de justificatifs adéquats.
Interprétations et citations légales
1. Article 109 du Code général des impôts:
- Cet article précise ce qui doit être considéré comme des revenus distribués. Dans ce cas, la cour retient que les indemnités versées à M. C... constituent des revenus distribués, à moins qu'ils ne soient prouvés comme des frais professionnels justifiés.
- « Sont considérés comme revenus distribués : 1° Tous les bénéfices ou produits qui ne sont pas mis en réserve ou incorporés au capital ».
2. Application de la charge de la preuve:
- La décision souligne que les requérants, en tant qu'actions contre une imposition, portent la charge de prouver que les indemnités versées ne sont pas imposables. Cette charge n'a pas été reprise, ce qui motive le rejet de leur demande. La cour déclare que « le service doit être regardé comme apportant la preuve du bien fondé de la réintégration de la somme de 33 666 euros au revenu imposable de M. et Mme C... ».
3. Article L. 761-1 du Code de justice administrative:
- Cet article stipule que, dans ce type d'instance, l'État, en tant que partie non perdante, ne doit pas verser de somme au titre des frais de justice. Cela justifie le rejet de la demande de prise en charge des frais par M. et Mme C...
- « Les dispositions de l'article L. 761-1 font obstacle à ce que l'Etat verse à M. et Mme C... une somme au titre des frais exposés en cours d'instance et non compris dans les dépens ».
Ainsi, cette décision illustre comment la cour va examiner les preuves fournies en matière fiscale et les implications de la charge de la preuve sur les contribuables dans le cadre des recours en matière d'imposition.