Résumé de la décision
La Cour d'appel de Paris a rendu une ordonnance le 5 juin 2024 concernant l'appel interjeté par M. [N] [Z] [P], un ressortissant camerounais, contre une décision du juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Paris. Ce dernier avait ordonné la prolongation de la rétention administrative de M. [N] pour une durée maximale de 28 jours, à compter du 2 juin 2024. La Cour a déclaré l'appel manifestement irrecevable, considérant que la déclaration d'appel ne contenait aucun élément sérieux de contestation de la décision initiale.
Arguments pertinents
La Cour a fondé sa décision sur l'article L 743-23 -2° du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui permet de rejeter des déclarations d'appel manifestement irrecevables sans convoquer les parties. Elle a constaté que l'appel de M. [N] ne contenait aucune critique substantielle de l'ordonnance du juge des libertés, se limitant à une demande de libération sans motivation. La Cour a souligné que l'absence d'éléments de contestation rendait l'appel irrecevable, affirmant que "l'acte d'appel libellé en ces termes : 'je souhaite faire appel, je souhaite être libéré, je me plierai aux décisions du préfet' n'invoque aucun moyen sérieux de contestation".
Interprétations et citations légales
La décision de la Cour d'appel repose sur une interprétation stricte des dispositions légales régissant les appels en matière de rétention administrative. L'article L 743-23 -2° du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile stipule que le premier président de la cour d'appel peut rejeter des déclarations d'appel manifestement irrecevables, notamment lorsque "aucune circonstance nouvelle de fait ou de droit n'est intervenue depuis le placement en rétention administrative".
La Cour a également fait référence à l'article R. 743-14 du même code, qui exige que la déclaration d'appel contienne des éléments de critique de l'ordonnance initiale. En l'espèce, la Cour a conclu que la déclaration d'appel de M. [N] ne respectait pas cette exigence, ce qui a conduit à son rejet.
Ainsi, la décision illustre l'importance de la motivation dans les recours en matière de rétention administrative, et la nécessité pour les appelants de fournir des arguments substantiels pour que leur appel soit recevable.