Résumé de la décision
La Cour d'appel de Paris a rendu une ordonnance le 5 juin 2024 concernant l'appel interjeté par M. [D] [K], de nationalité gambienne, contre une décision du juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Meaux. Ce dernier avait ordonné la prolongation de la rétention administrative de M. [D] pour une durée de 30 jours à compter du 4 juin 2024. La Cour a rejeté l'appel, considérant qu'il était manifestement irrecevable.
Arguments pertinents
1. Recevabilité de l'appel : La Cour a souligné que, selon l'article L 743-23 -2° du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, elle peut rejeter des déclarations d'appel manifestement irrecevables sans convoquer les parties. En l'espèce, il n'y avait pas de circonstances nouvelles depuis le placement en rétention, et les éléments fournis ne justifiaient pas la levée de la rétention.
2. État de santé de l'intéressé : M. [D] a invoqué l'incompatibilité de son éloignement avec son état de santé. Cependant, la Cour a noté que cette argumentation ne présentait pas d'éléments réels et sérieux pour contester la décision du premier juge, qui avait pris en compte l'avis du médecin de l'OFII.
Interprétations et citations légales
- Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - Article L 743-23 -2° : Cet article permet au premier président de la cour d'appel de rejeter des appels manifestement irrecevables. La Cour a appliqué cette disposition en constatant qu'aucune nouvelle circonstance n'était intervenue depuis le placement en rétention, ce qui justifiait le rejet de l'appel.
- Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - Article L742-4 2° : Cet article stipule que le défaut de passeport constitue un motif de rétention. La Cour a précisé qu'il n'y avait pas d'obligation de démontrer un bref délai concernant la levée des obstacles, ce qui renforce la légitimité de la prolongation de la rétention.
En conclusion, la décision de la Cour d'appel de Paris repose sur une application rigoureuse des dispositions légales en matière de rétention administrative, en tenant compte des éléments factuels et juridiques présentés par les parties.