Résumé de la décision
La Cour d'appel de Paris a rendu une ordonnance le 5 juin 2024 concernant l'appel interjeté par M. [W] [G], un ressortissant égyptien, contre une décision du juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Paris. Ce dernier avait ordonné la prolongation de la rétention administrative de M. [W] [G] pour une durée maximale de 15 jours, jusqu'au 17 juin 2024. La Cour a jugé l'appel manifestement irrecevable, en raison de l'absence de motifs valables dans la déclaration d'appel, qui se limitait à une simple contestation de la décision.
Arguments pertinents
La Cour a fondé sa décision sur l'article L 743-23 -2° du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui permet de rejeter des déclarations d'appel manifestement irrecevables sans convoquer les parties. La Cour a constaté que la déclaration d'appel de M. [W] [G] ne contenait aucun motif substantiel, se limitant à une contestation vague de la décision du juge. En conséquence, la Cour a estimé que la déclaration d'appel n'était pas recevable, affirmant que "la déclaration d'appel ne comporte aucun motif d'appel comme ainsi libellée 'je conteste la décision du juge' ; la déclaration d'appel n'est donc pas recevable."
Interprétations et citations légales
L'article L 743-23 -2° du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile stipule que le premier président de la cour d'appel ou son délégué peut rejeter les déclarations d'appel manifestement irrecevables. Cette disposition vise à garantir une bonne administration de la justice en évitant le traitement d'appels sans fondement. La Cour a appliqué cette règle en soulignant qu'aucune circonstance nouvelle n'était intervenue depuis le placement en rétention, et que les éléments fournis ne justifiaient pas la fin de la rétention.
En résumé, la décision de la Cour d'appel repose sur une interprétation stricte des exigences de recevabilité des appels en matière de rétention administrative, en insistant sur la nécessité de fournir des motifs clairs et substantiels pour contester une décision de rétention.