Résumé de la décision
La Cour d'appel de Paris a rendu une ordonnance le 5 juin 2024 concernant l'appel interjeté par M. [O] [R], un ressortissant irakien, contre une décision du juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Paris. Ce dernier avait ordonné la prolongation de la rétention administrative de M. [O] [R] pour une durée maximale de 30 jours, jusqu'au 1er juillet 2024. La Cour a déclaré l'appel irrecevable, considérant que les moyens invoqués manquaient en droit et en fait, et que les diligences avaient été régulièrement effectuées.
Arguments pertinents
La Cour a fondé sa décision sur l'article L 743-23 -2° du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui permet de rejeter des déclarations d'appel manifestement irrecevables sans convoquer les parties. Elle a constaté qu'aucune circonstance nouvelle n'était intervenue depuis le placement en rétention de M. [O] [R], et que les éléments fournis ne justifiaient pas la levée de la rétention. La Cour a ainsi affirmé :
> "l'appel est irrecevable dès lors que l'unique moyen manque en droit et en fait".
Interprétations et citations légales
L'article L 743-23 -2° du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile stipule que le premier président de la cour d'appel peut rejeter des appels manifestement irrecevables, notamment lorsque "aucune circonstance nouvelle de fait ou de droit n'est intervenue depuis le placement en rétention administrative". Dans cette affaire, la Cour a interprété cette disposition comme justifiant le rejet de l'appel, en soulignant que les diligences administratives avaient été respectées et que l'intéressé ne disposait pas de documents de voyage, ce qui rendait la procédure conforme aux exigences légales.
La décision de la Cour d'appel s'inscrit dans le cadre d'une bonne administration de la justice, en évitant des procédures inutiles lorsque les conditions légales ne sont pas remplies. La Cour a ainsi conclu que :
> "il n'en résulte donc aucune obligation de bref délai - concernant la levée des obstacles - à démontrer".
Cette analyse met en lumière l'importance de la régularité des procédures administratives dans le cadre de la rétention des étrangers, ainsi que le rôle des juridictions dans le contrôle de ces mesures.