Résumé de la décision
La Cour d'appel de Paris a rendu une ordonnance le 7 juin 2024 concernant l'appel interjeté par M. [Y] [P], un ressortissant allemand, contre une décision du juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Paris. Ce dernier avait ordonné la prolongation de la rétention administrative de M. [Y] pour une durée maximale de 28 jours. La Cour a jugé l'appel manifestement irrecevable, considérant que les motifs avancés par l'appelant ne constituaient pas une contestation valable de la décision initiale.
Arguments pertinents
1. Irrecevabilité de l'appel : La Cour a constaté que la déclaration d'appel de M. [Y] ne contenait aucun motif substantiel de contestation. L'argument selon lequel il prévoyait de quitter la France et que la prolongation de sa rétention était inutile n'était pas suffisant pour justifier l'appel. La Cour a souligné que "la déclaration d'appel n'est donc pas recevable".
2. Absence de circonstances nouvelles : La Cour a également noté qu'aucune circonstance nouvelle de fait ou de droit n'était intervenue depuis le placement en rétention, ce qui aurait pu justifier une réévaluation de la situation. En vertu de l'article L 743-23 -2° du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la Cour a le pouvoir de rejeter les appels manifestement irrecevables sans convoquer les parties.
Interprétations et citations légales
La décision s'appuie sur plusieurs dispositions légales :
- Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - Article L 743-23 -2° : Cet article permet au premier président de la cour d'appel ou à son délégué de rejeter des déclarations d'appel manifestement irrecevables. La Cour a appliqué cette disposition en constatant que l'appel de M. [Y] ne contenait pas de motifs valables.
- Article L 743-13 : La Cour a également mentionné que, même si M. [Y] apportait la preuve d'un passeport valide, il ne justifiait d'aucun domicile en France, ce qui rendait impossible une assignation à résidence. Cela renforce l'idée que les conditions pour mettre fin à la rétention n'étaient pas réunies.
En conclusion, la Cour d'appel a rejeté l'appel de M. [Y] [P] en raison de l'absence de motifs valables et de circonstances nouvelles, confirmant ainsi la décision de prolongation de sa rétention administrative.