Résumé de la décision
La Cour d'appel de Paris a rendu une ordonnance le 08 juin 2024 concernant l'appel interjeté par M. [I] [Z], de nationalité algérienne, retenu au centre de rétention de Mesnil Amelot 2. L'appel faisait suite à une ordonnance du juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Meaux, qui avait prolongé la rétention de l'intéressé pour une durée de vingt-huit jours. La Cour a déclaré l'appel manifestement irrecevable, considérant qu'il ne contenait aucun élément de contestation valable à l'encontre de la décision du premier juge.
Arguments pertinents
La Cour a fondé sa décision sur plusieurs points clés :
1. Absence de contestation substantielle : M. [I] [Z] n'a pas fourni d'arguments critiques à l'encontre de la motivation du juge des libertés et de la détention. La Cour a noté que l'intéressé n'a pas remis en question les raisons pour lesquelles le juge avait décidé de prolonger sa rétention, notamment son comportement antérieur de soustraction à l'exécution d'une interdiction judiciaire du territoire français.
2. Incohérence des déclarations : La Cour a relevé que les déclarations de M. [I] [Z] concernant son domicile étaient incohérentes. Il a été interpellé à un domicile où réside son amie, tout en produisant une attestation d'hébergement chez sa mère, ce qui a conduit la Cour à conclure qu'aucun domicile stable et effectif n'était justifié.
3. Légalité de la procédure : La Cour a constaté qu'aucune irrégularité n'affectait la légalité de la décision du juge des libertés et de la détention, ce qui a renforcé l'irrecevabilité de l'appel.
Interprétations et citations légales
La décision s'appuie sur l'article L 743-23 -2° du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui stipule que :
> « Le premier président de la cour d'appel ou son délégué peut, par ordonnance motivée et sans avoir préalablement convoqué les parties, rejeter les déclarations d'appel manifestement irrecevables. »
Cette disposition permet à la Cour de rejeter un appel sans audience si celui-ci ne présente pas d'éléments nouveaux ou de contestation valable. En l'espèce, la Cour a jugé que l'appel de M. [I] [Z] ne contenait pas d'arguments suffisants pour justifier une réévaluation de la décision de rétention, ce qui a conduit à son rejet.
En conclusion, la décision de la Cour d'appel de Paris illustre l'importance de la rigueur dans la présentation des arguments lors d'un appel en matière de rétention administrative, ainsi que l'application stricte des dispositions légales régissant ce domaine.