Résumé de la décision
La Cour d'appel de Paris a rendu une ordonnance le 12 novembre 2022 concernant l'appel interjeté par M. [H] [C], un ressortissant algérien retenu au centre de rétention de [Localité 2]. Cet appel visait à contester une ordonnance du juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Paris, qui avait prolongé son maintien en rétention pour une durée maximale de 15 jours. La Cour a déclaré l'appel irrecevable, considérant qu'il manquait de motivation et que les conditions de l'article L 742-5 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) étaient réunies, rendant impossible l'exécution de la mesure d'éloignement en raison du défaut de délivrance d'un laissez-passer par le consulat.
Arguments pertinents
1. Irrecevabilité de l'appel : La Cour a statué que l'appel était manifestement irrecevable en raison de son absence de motivation. Selon l'article R. 743-11 du CESEDA, l'appel doit être accompagné d'une déclaration motivée. En l'espèce, l'appel de M. [H] [C] ne contenait qu'une mention vague concernant un défaut de diligence, sans fournir de documents ou d'arguments pertinents pour étayer cette affirmation.
2. Conditions de l'article L 742-5 : La Cour a également noté que les conditions de l'article L 742-5 du CESEDA étaient remplies, car la mesure d'éloignement ne pouvait être exécutée en raison du retard dans la délivrance du laissez-passer par le consulat. L'administration a justifié que la délivrance de ce document était susceptible d'intervenir rapidement, ce qui a renforcé la décision de la Cour.
Interprétations et citations légales
- Article R. 743-11 du CESEDA : Cet article stipule que l'appel doit être formé par une déclaration motivée. La Cour a souligné que l'absence de motivation dans l'appel de M. [H] [C] le rendait irrecevable. La décision précise : "l'appel est irrecevable comme dénué de motivation au visa de l'article R. 743-11 du CESEDA".
- Article L 742-5 du CESEDA : Cet article concerne les conditions dans lesquelles une mesure d'éloignement peut être suspendue. La Cour a constaté que "la mesure d'éloignement n'a pu être exécutée du fait du défaut de délivrance du nouveau laissez-passer par le consulat", ce qui a été un facteur déterminant dans la décision de déclarer l'appel irrecevable.
En conclusion, la décision de la Cour d'appel de Paris repose sur une interprétation stricte des exigences de motivation des appels en matière de rétention, ainsi que sur l'application des dispositions légales relatives à l'exécution des mesures d'éloignement.