Résumé de la décision
La Cour d'appel de Paris a rendu une ordonnance le 14 novembre 2022 concernant l'appel interjeté par M. [P] [F] alias [J], un ressortissant algérien retenu au centre de rétention administrative de Mesnil Amelot 3. L'appel visait à contester une ordonnance du juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Meaux, qui avait prolongé la rétention de l'intéressé pour une durée de quinze jours. La Cour a déclaré l'appel irrecevable, considérant qu'il était dénué d'arguments sérieux et que les conditions légales pour la rétention étaient remplies.
Arguments pertinents
La Cour a fondé sa décision sur l'irrecevabilité de l'appel, en se basant sur les dispositions de l'article R. 743-11 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui stipule que l'appel doit être motivé. La Cour a noté que l'appel était "irrecevable comme dénué d'argument réel et sérieux" et a précisé que les conditions de l'article L. 742-5 du même code étaient réunies, car la mesure d'éloignement n'avait pas pu être exécutée en raison du défaut de délivrance du laissez-passer par le consulat. La reconnaissance de l'intéressé et l'accord de principe pour la délivrance du laissez-passer étaient intervenus dans les quinze jours précédents, ce qui remplissait les conditions requises.
Interprétations et citations légales
La décision s'appuie sur plusieurs articles du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile :
- Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - Article R. 743-11 : Cet article stipule que l'appel doit être formé par une déclaration motivée. En cas d'irrecevabilité manifeste, l'appel peut être rejeté sans convocation préalable des parties.
- Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - Article L. 742-5 : Cet article précise les conditions dans lesquelles une mesure d'éloignement peut être mise en œuvre, notamment en ce qui concerne la délivrance du laissez-passer par le consulat.
La Cour a ainsi interprété ces articles pour conclure que l'absence de motivation sérieuse dans l'appel et la conformité des conditions légales pour la rétention justifiaient le rejet de l'appel. La décision souligne l'importance de la motivation dans les recours en matière de rétention administrative et la nécessité de respecter les délais et procédures établis par la loi.