Résumé de la décision
La Cour d'appel de Paris a rendu une ordonnance le 15 novembre 2022 concernant l'appel interjeté par M. [V] [J], un ressortissant marocain, contre une décision du juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Paris. Ce dernier avait ordonné la prolongation de la rétention de M. [V] jusqu'au 10 décembre 2022, tout en déclarant recevable sa requête en contestation de la légalité du placement en rétention, mais en la rejetant. La Cour a déclaré l'appel de M. [V] irrecevable, considérant que le juge judiciaire n'était pas compétent pour apprécier la légalité de la décision d'éloignement, qui relève de la compétence du juge administratif.
Arguments pertinents
1. Compétence du juge administratif : La Cour a souligné que, selon une jurisprudence constante, le juge administratif est seul compétent pour connaître de la légalité des décisions relatives au séjour et à l'éloignement des étrangers. Cela signifie que même si l'illégalité de la décision d'éloignement est invoquée, le juge judiciaire ne peut pas en apprécier la légalité dans le cadre d'une contestation de la décision de placement en rétention. La Cour cite une décision antérieure (1re Civ., 27 septembre 2017, pourvoi n° 17-10.207) pour appuyer ce point.
2. Nature de l'appel : La Cour a noté que, sous couvert de contester l'ordonnance du juge des libertés, M. [V] contestait en réalité son éloignement. Les motifs avancés par M. [V], tels que son statut de "jeune majeur" et sa vulnérabilité, ne relèvent pas de la compétence du juge judiciaire, mais doivent être examinés par le juge administratif.
Interprétations et citations légales
- Article L. 743-23 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : Cet article stipule que "en cas d'appel manifestement irrecevable, celui-ci peut être rejeté sans convocation préalable des parties." La Cour a appliqué cet article pour justifier le rejet de l'appel de M. [V].
- Jurisprudence sur la compétence : La Cour a fait référence à une jurisprudence établie qui précise que le juge judiciaire ne peut pas apprécier la légalité d'une décision administrative d'éloignement, même dans le cadre d'une contestation de la rétention. Cela est fondamental pour maintenir la séparation des compétences entre les juridictions administratives et judiciaires.
En conclusion, la décision de la Cour d'appel de Paris illustre l'importance de la compétence juridictionnelle dans les affaires de droit des étrangers, en affirmant que les questions relatives à l'éloignement doivent être traitées par le juge administratif, et non par le juge judiciaire.