Résumé de la décision
La Cour d'appel de Paris a rendu une ordonnance le 17 novembre 2022 concernant l'appel interjeté par M. [F] [L], un ressortissant algérien, contre une décision du juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Paris. Ce dernier avait ordonné la prolongation de la rétention de M. [F] [L] pour une durée maximale de vingt-huit jours. La Cour a déclaré l'appel irrecevable, considérant que les arguments présentés par l'appelant ne relevaient pas de la compétence du juge judiciaire, mais contestaient en réalité la décision de retour dans son pays.
Arguments pertinents
1. Irrecevabilité de l'appel : La Cour a appliqué l'article L. 743-23 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui permet de rejeter un appel manifestement irrecevable sans convocation préalable des parties. La Cour a estimé que l'appel de M. [F] [L] ne portait pas sur la légalité de la prolongation de sa rétention, mais sur des éléments relatifs à son éloignement, ce qui n'est pas du ressort du juge judiciaire.
2. Incompétence du juge judiciaire : La Cour a souligné que les observations de M. [F] [L] concernant sa relation avec une citoyenne française et son adresse en France ne remettent pas en cause la décision de retour. En effet, l'article L. 743-13 du même code stipule que l'étranger sans passeport valide ne peut pas être assigné à résidence, ce qui renforce l'idée que le juge judiciaire n'est pas compétent pour traiter des moyens contestant la décision de retour.
Interprétations et citations légales
- Article L. 743-23 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : Cet article permet de déclarer un appel irrecevable lorsqu'il est manifestement infondé. La Cour a appliqué cet article pour justifier le rejet de l'appel de M. [F] [L], en considérant que les arguments avancés ne relevaient pas de la compétence du juge judiciaire.
- Article L. 743-13 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : Cet article précise que l'assignation à résidence n'est pas possible pour un étranger n'ayant pas remis un passeport valide. La Cour a utilisé cette disposition pour conclure que les arguments de M. [F] [L] ne pouvaient pas être pris en compte dans le cadre de son appel.
La décision de la Cour d'appel de Paris illustre l'application stricte des règles de compétence en matière de droit des étrangers, en veillant à ce que les recours soient fondés sur des bases juridiques appropriées.