Résumé de la décision
La Cour d'appel de Paris a rendu une ordonnance le 19 juillet 2024 concernant l'appel interjeté par M. [J] [R], un ressortissant marocain, contre une décision du juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Paris. Ce dernier avait ordonné la prolongation de la rétention de M. [R] pour une durée maximale de vingt-huit jours, à compter du 16 juillet 2024. La Cour a jugé l'appel manifestement irrecevable, en raison de l'absence de contestation de la légalité de l'arrêté de placement en rétention dans le délai imparti et de l'absence de passeport valide, condition nécessaire pour une éventuelle assignation à résidence.
Arguments pertinents
1. Irrecevabilité de l'appel : La Cour a constaté que M. [R] n'avait pas contesté la légalité de l'arrêté de placement en rétention dans les 48 heures suivant sa notification, ce qui rend son appel irrecevable. La Cour a précisé que "l'intéressé ne l'a pas contestée dans le délai de 48 heures de la notification ; il est irrecevable désormais."
2. Demande d'assignation à résidence : L'argument de M. [R] concernant son adresse stable a été interprété comme une demande d'assignation à résidence. Cependant, la Cour a rappelé que, selon l'article L. 743-13 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'assignation à résidence n'est possible que si l'étranger dispose de garanties de représentation, ce qui n'était pas le cas ici en raison de l'absence de passeport valide.
3. Absence d'autres moyens : La Cour a noté qu'aucun autre moyen n'avait été présenté en appel, ce qui a conduit à la conclusion que la déclaration d'appel était manifestement irrecevable.
Interprétations et citations légales
1. Article L 743-23 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : Cet article stipule que "en cas d'appel manifestement irrecevable, celui-ci peut être rejeté sans convocation préalable des parties." La Cour a appliqué cette disposition pour justifier le rejet immédiat de l'appel.
2. Article L. 743-13 du même code : Cet article précise que "le juge chargé du contrôle de la rétention peut toujours ordonner l'assignation à résidence de l'étranger lorsque celui-ci dispose de garanties de représentation, après remise aux autorités de police d'un passeport en cours de validité." La Cour a souligné que l'absence de passeport valide de M. [R] rendait sa demande d'assignation à résidence irrecevable.
En conclusion, la décision de la Cour d'appel de Paris repose sur une interprétation stricte des délais et des conditions légales entourant la rétention des étrangers, affirmant ainsi l'importance du respect des procédures établies par le Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.