Résumé de la décision
M. [H] [U] a formé un pourvoi contre un arrêt rendu le 4 juin 2020 par la cour d'appel de Colmar, qui avait déclaré irrecevables ses demandes relatives à la résolution d'une vente et aux dommages-intérêts pour vice caché d'un véhicule. La Cour de cassation a rejeté son pourvoi, jugeant que le moyen invoqué n'était pas de nature à entraîner la cassation. De plus, M. [U] a été condamné aux dépens et à verser la somme de 3 000 euros à la société PKA GVA au titre de l'article 700 du Code de procédure civile.
Arguments pertinents
Les arguments principaux de la Cour de cassation se fondent sur l'irrecevabilité des demandes de M. [U] liées à la garantie des vices cachés. La cour d'appel a retenu que l’action pour vice caché était soumise à un délai de prescription de cinq ans, conformément à l'article L. 110-4 du Code de commerce. La Cour a souligné que :
1. Prescription de l'action : M. [U] aurait dû introduire son action dans les cinq ans suivant la vente, et non pas après la découverte du vice, établissant ainsi un critère d'irrecevabilité.
- « … une telle action, née d'un contrat de vente de véhicule automobile entre un commerçant et un non-commerçant, était soumise au délai de cinq ans… »
2. Manque de fondement juridique : La cour a jugé que les moyens légaux avancés par M. [U] ne démontraient pas que l'action en garantie des vices cachés ait été introduite dans le délai imparti.
- « En statuant ainsi, elle a violé les articles 1648, 2224 et 2232 du code civil par refus d'application… »
Interprétations et citations légales
La décision met en avant plusieurs dispositions légales :
- Code civil - Article 1648 : Cet article stipule que l'action en garantie des vices cachés doit être exercée dans un délai de deux ans à compter de la découverte du vice, ce qui souligne qu'il existe une différence entre le délai légal de découverte et la prescription en matière commerciale.
- Code civil - Articles 2224 et 2232 : Ces articles régissent les règles de prescription et de délai de forclusion, indiquant que le délai butoir pour un certain type d'actions est de vingt ans.
- Code de commerce - Article L. 110-4 : Cet article prévoit que les obligations nées à l'occasion de leur commerce entre commerçants ou entre commerçants et non-commerçants se prescrivent par cinq ans. Toutefois, selon la décision de la cour d'appel, ce délai commence à courir à partir de la vente, imposant à M. [U] de respecter ce délai prescrit sans prendre en compte le moment de la découverte du vice.
La discussion autour de ces articles met en lumière les enjeux de la prescription en matière de ventes commerciales et les différences potentielles avec les dispositions du Code civil concernant les vices cachés. La Justification de la Cour repose sur une interprétation stricte des délais de prescription, qui, dans ce cas, a conduit à l'irrecevabilité des demandes de M. [U].
Conclusion
La décision de la Cour de cassation témoigne d'une application rigoureuse des règles de prescription en matière de ventes commerciales, en soulignant les délais à respecter pour agir, tant sur le plan commercial que civil. L'affaire illustre la complexité des interactions entre les différents régimes juridiques applicables en matière de vices cachés et de contrats commerciaux.