Résumé de la décision
La Cour de cassation, par arrêt du 10 novembre 2022, a rejeté le pourvoi formé par la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de la Savoie à l'encontre d'un arrêt rendu par la Cour nationale de l'incapacité et de la tarification des accidents du travail (CNITAAT), lequel a confirmé un jugement fixant le taux d'incapacité permanente partielle de M. [H] à 38 % (dont 8 % à titre socioprofessionnel) à la suite d'un accident du travail survenu le 30 juillet 2013. La CPAM a été déboutée de toutes ses demandes et condamnée à payer les dépens ainsi qu'une somme de 3 000 euros au titre de l'article 700 du code de procédure civile.
Arguments pertinents
La Cour de cassation a estimé que le moyen de cassation soulevé par la CPAM n'était manifestement pas de nature à entraîner la cassation. En application de l'article 1014, alinéa 1er, du Code de procédure civile, il n'était donc pas nécessaire de statuer par une décision spécialement motivée :
- Sur la fixation du taux d'incapacité : La CPAM contestait que le taux d'incapacité sociale et professionnelle ait pris en compte des circonstances postérieures à la date de référence, en l'occurrence le 31 décembre 2015. Les juges du fond avaient, pourtant, tenu compte d'éléments affectant la capacité de travail de M. [H], notamment ses difficultés à retrouver un emploi, ce qui a été jugé pertinent pour établir son taux d'incapacité.
Interprétations et citations légales
Dans cette affaire, la Cour de cassation a appliqué plusieurs textes importants :
- Code de la sécurité sociale - Article L. 434-2 : Cet article stipule que le taux d'incapacité permanente partielle de l'assuré doit être fixé en fonction de l'état des séquelles et de l'ampleur du retentissement professionnel au jour de la consolidation. La CPAM faisait valoir que les juges du fond avaient violé cet article en se fondant sur des éléments postérieurs à cette date de référence.
- Code de procédure civile - Article 1014, alinéa 1er : La décision de la Cour de cassation de ne pas statuer par une décision spécialement motivée repose sur cet article qui permet d'écarter un pourvoi manifestement infondé.
En somme, la décision de la Cour de cassation confirme le principe selon lequel le taux d'incapacité peut prendre en compte des facteurs sociaux et professionnels existants au moment de la décision, même si ceux-ci ont évolué après la période de consolidation, dans certaines conditions où ils sont directement liés à l'accident en question. Cette approche souligne l'importance d'une évaluation complète et juste des conséquences d'un accident de travail sur la vie professionnelle et sociale d'un individu.