Résumé de la décision
La Cour de cassation, dans sa décision du 10 novembre 2022, a rejeté le pourvoi de M. [W] [U], salarié victime d’un accident du travail survenu lors des réglages d’une répétition musicale, qui contestait l’arrêt de la cour d’appel de Lyon ayant débouté sa demande de reconnaissance de la faute inexcusable de son employeur, l’association [3].
Arguments pertinents
La Cour a estimé que le moyen de cassation avait été mal fondé et n'était pas de nature à entraîner la cassation. Elle a appliqué l'article 1014, alinéa 1er, du code de procédure civile, précisant qu'il n'y avait pas lieu à une décision spécialement motivée sur ce pourvoi :
1. Absence de preuve de la faute inexcusable : La cour d'appel a constaté que l'accident était survenu pendant la répétition et lié à un « effet Larsen ». Elle a ensuite jugé que la victime n'apportait pas de preuve démontrant que l'employeur aurait dû mettre en place un dispositif anti-larsen pour remplir son obligation de sécurité.
2. Obligation de sécurité : La cour a souligné l'absence de manquement à l'obligation de sécurité, indiquant que les circonstances de l'accident, incluant la durée du contrat de travail de M. [U] et son expérience en tant que musicien professionnel, devaient être prises en compte.
Interprétations et citations légales
La décision s’appuie sur plusieurs textes juridiques qui définissent les obligations de l'employeur en matière de sécurité au travail :
- Code de la sécurité sociale - Article L 452-1 : Cet article prévoit que la faute inexcusable de l’employeur peut être reconnue lorsque ce dernier avait ou aurait dû avoir connaissance d'un danger et n’a pas pris les mesures nécessaires. L'interprétation de cet article ici repose sur la démonstration que l’employeur n’avait pas connaissance d’un risque spécifique lié à la mise en place d’un dispositif anti-larsen.
- Code du travail - Article L 4121-1 : Cet article impose à l'employeur d’assurer la sécurité et de protéger la santé de ses travailleurs. La cour d’appel a jugé que la mise en place d’un dispositif anti-larsen n’était pas indispensable, limitant ainsi le champ d'appréciation de l'obligation de sécurité.
En conclusion, la cour a déterminé que, même si un accident était survenu, cela ne prouvait pas nécessairement la faute inexcusable de l'employeur, car il n’y avait pas de preuve suffisante d’un manquement à son obligation de sécurité.