Résumé de la décision
La Cour de cassation, en date du 19 décembre 2017, a statué sur une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) soumise par M. Louis X, M. Jean-Yves Y et la société ADC communication. Cette QPC concernait la conformité de l'article L. 3511-3 du code de la santé publique, en tant qu'il sanctionne la diffusion de magazines abordant des thèmes liés au cigare, à la législation sur la santé publique. La cour a conclu qu'il n'y avait pas lieu de transmettre cette question au Conseil constitutionnel, affirmant que l'interdiction de la distribution de ces revues en kiosque n'entrave ni la liberté d'expression ni celle de communication, et qu'elle sert un objectif de protection de la santé publique.
Arguments pertinents
1. Applicabilité de la disposition législative : La disposition contestée est applicable à la procédure, n'ayant pas été déclarée conforme à la Constitution par le Conseil constitutionnel. La Cour a affirmé que la question relative à l'article L. 3511-3 ne portait pas sur l'interprétation d'une disposition constitutionnelle non examinée.
2. Absence de caractère sérieux de la question posée : La cour a statué que l'interdiction de distribution en kiosque d'une revue promouvant des produits du tabac ne constitue pas une violation disproportionnée de la liberté d'expression : "l'interdiction de la seule distribution en kiosque d'une revue comportant des éléments ayant pour effet de promouvoir le tabac [...] répond, sans disproportion et sans créer d'inégalité", à un objectif de santé publique.
Interprétations et citations légales
La décision invoque l'article L. 3511-3 du Code de la santé publique, qui vise à protéger la santé publique en encadrant la promotion des produits du tabac. La Cour a observé que cette disposition, bien qu’elle puisse sembler restrictive, s'inscrit dans une logique de protection de la santé :
- "l'interdiction de la seule distribution en kiosque d'une revue comportant des éléments ayant pour effet de promouvoir le tabac [...] répond, sans disproportion et sans créer d'inégalité".
De plus, la décision fait échos à des principes plus larges articulés dans les articles 1, 6 et 11 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, qui garantissent la liberté d'expression et d'égalité devant la loi, soulignant que ces droits peuvent comporter des restrictions lorsqu'elles répondent à des objectifs de santé publique : "... sans créer d'inégalité avec d'autres publications, à des raisons générales tenant à l'objectif de protection de la santé publique".
En résumé, la Cour de cassation a validé l'importance des interventions législatives en matière de santé publique, tout en précisant les limites de la portée de la liberté d'expression lorsque celle-ci entre en conflit avec des intérêts de protection collective.