Résumé de la décision
La Cour de cassation, par son arrêt n° 1660 F-D en date du 21 décembre 2017, a rejeté le recours formé par M. André X..., expert inscrit sur la liste nationale dans le domaine de la santé (spécialité gastro-entérologie et hépatologie). M. X... avait été radié de cette liste par décision du 10 juillet 2017, au motif qu'il n'avait pas sollicité sa réinscription avant la date limite du 20 mai 2017. Bien qu'il ait affirmé vouloir poursuivre son activité d'expert, la Cour a retenu qu'il ne respectait pas les exigences légales relatives à la réinscription.
Arguments pertinents
1. Non-respect de la procédure de réinscription : M. X... n'a pas contesté son non-respect de l'exigence de solliciter sa réinscription dans les délais impartis par la loi. La Cour a affirmé que « tout expert inscrit sur la liste nationale depuis plus de sept ans doit déposer une demande de réinscription dans un délai de six mois à compter de la date de publication de cette loi », soulignant ainsi l'importance du respect des délais légaux.
2. Validité de la décision de radiation : La Cour a confirmé que la décision de radiation était conforme à la législation applicable, et que le grief de non-considération de la volonté de M. X... de poursuivre son activité n’était pas suffisant pour infirmer cette décision, dès lors qu'il avait omis d'accomplir l'acte formel nécessaire à son maintien sur la liste.
Interprétations et citations légales
La décision repose sur l'interprétation des dispositions de la loi n° 71-498 du 29 juin 1971, modifiée par la loi n° 2016-1547 du 18 novembre 2016. En particulier, l'article 2, III, stipule que :
- "Tout expert inscrit sur la liste nationale depuis plus de sept ans doit déposer une demande de réinscription dans un délai de six mois à compter de la date de publication de cette loi."
Cette exigence met en lumière l'importance de la régulation des experts judiciaires et des conséquences qui en découlent en cas de non-respect enclenché par le législateur. La Cour a donc interprété cette obligation comme un impératif légal, excluant tout aménagement qui pourrait découler d'une intention non formalisée de poursuivre son activité.
Ainsi, l'interprétation réalisée par la Cour est que la présence sur la liste nationale est conditionnée à un respect rigoureux des procédures administratives établies, renforçant le principe de sécurité juridique. La décision montre également que le respect des délais légaux est crucial dans le domaine de l'expertise judiciaire.