Résumé de la décision
La Cour de cassation, dans une audience publique tenue le 30 septembre 2021, a rejeté le pourvoi formé par la société civile immobilière Catalone contre un arrêt de la cour d'appel de Toulouse. Cet arrêt avait déclaré irrecevable la demande indemnitaire de la société contre plusieurs défendeurs, dont des architectes et un notaire, en raison de la prescription de l'action. La Cour a estimé que les moyens de cassation présentés n’étaient pas de nature à entraîner la cassation de la décision contestée.
Arguments pertinents
1. Prescription de la demande indemnitaire : La Cour a confirmé que la cour d'appel avait correctement appliqué la règle selon laquelle l’action en responsabilité est soumise à un délai de prescription. La société Catalone avait soutenu que l'action était soumise à la prescription trentenaire, mais la cour d'appel a retenu la prescription décennale, conforme aux dispositions régissant la garantie décennale.
> "En considérant... que l'action engagée à l'encontre de MM. [M] et [Z]... était soumise à la prescription de dix ans à compter de la réception des travaux".
2. Soumission à la déclaration d'achèvement : Concernant la réception des travaux, la Cour a statué que la déclaration d'achèvement ne constituait pas une réception au sens du Code civil.
> "La signature d'une déclaration d'achèvement de travaux ne peut valoir réception."
3. Charge de la preuve : La charge de la preuve de la réception tacite a également été abordée. La cour d'appel a énoncé que la SCI Catalone n'avait pas prouvé sa prise de possession des biens, ce qui, selon la Cour, a inversé la charge de la preuve, une interprétation jugée incorrecte par les défendeurs, mais qui n’a pas été déterminante pour la décision.
> "La preuve de la réception tacite... incombe à celui qui s'en prévaut."
Interprétations et citations légales
1. Durée de prescription : La Cour a rappelé que l’action en responsabilité à l'encontre des architectes est soumise à la prescription décennale, car elle se situe sous le régime de la garantie décennale. Cette interprétation repose sur le Code civil :
> Code civil - Article 1792 : "Le constructeur est responsable de plein droit envers le maître d'ouvrage... des dommages affectant la solidité de l'ouvrage."
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> Code civil - Article 2270-1 : "La prescription de l'action en responsabilité délictuelle court à compter de la découverte du dommage."
2. Réception des travaux : Sur la question de la réception des ouvrages, la Cour a confirmé que l'acte de réception n'était pas simplement un acte administratif mais une reconnaissance formelle des travaux, ce qui s'applique selon :
> Code civil - Article 1792-6 : "La réception est acquise lorsque le maître de l'ouvrage déclare accepter les travaux."
3. Charge de la preuve : La Cour a souligné les articles de la preuve en matière civile, en rappelant l'inversion de la charge de la preuve en cas d’acception tacite :
> Code civil - Article 1353 : "Celui qui demande l'exécution d'une obligation doit prouver celle-ci."
En somme, la Cour de cassation a clairement tranché en faveur des délais de prescription en vigueur et de la nécessité d'une réception formelle des travaux. Les arguments présentés par la société Catalone n’ont pas suffi à faire invalider la décision de la cour d'appel.