Résumé de la décision
La Cour de cassation a partiellement cassé un arrêt de la Cour d'appel de Saint-Denis du 12 avril 1962, qui avait condamné plusieurs individus pour participation à un attroupement armé, ainsi que pour violences à agents de la force publique. Les pourvois ont été examinés en raison de leur connexité. La Cour a confirmé la condamnation pour participation à un attroupement armé, mais a annulé les dispositions relatives à la contrainte par corps, considérant que cette mesure ne pouvait être appliquée en matière d'infraction politique.
Arguments pertinents
1. Sur la première branche du moyen de cassation :
- La Cour d'appel a justifié que les sommations n'étaient pas nécessaires avant de dissiper l'attroupement, car celui-ci avait été accueilli par des violences. La Cour de cassation a confirmé cette interprétation, affirmant que "le cas, prévu par le paragraphe 3 de l'article 104, exclut du recours aux sommations lorsque des violences sont exercées contre les représentants de la force publique".
2. Sur la seconde branche du moyen de cassation :
- La Cour a déclaré que les conclusions soulevées par les demandeurs n'avaient pas été présentées devant les juges du fond, rendant ce moyen irrecevable. Elle a ainsi précisé que "faute d'avoir été soumis aux juges du fond, le moyen, mélange de fait et de droit, est nouveau et ne saurait être soulevé pour la première fois devant la Cour de cassation".
3. Sur le second moyen de cassation :
- La Cour a rappelé que la contrainte par corps ne peut être prononcée en matière d'infraction politique, ce qui a conduit à l'annulation partielle de l'arrêt sur ce point. Elle a affirmé que "la contrainte par corps ne peut jamais être prononcée en matière de contravention, délit ou crime politique".
Interprétations et citations légales
1. Code pénal - Article 104 :
- Cet article définit les conditions de participation à un attroupement armé et précise que la nécessité de sommations peut être écartée en cas de violences. La Cour a interprété cet article comme permettant de ne pas recourir aux sommations lorsque la force publique est attaquée.
2. Code de procédure pénale - Article 749 :
- Cet article stipule que la contrainte par corps ne peut être prononcée pour des infractions politiques. La Cour a appliqué cette disposition pour annuler la décision de la Cour d'appel concernant la contrainte par corps, affirmant que "tel est le caractère de l'infraction prévue et réprimée par les articles 104 et 105 du Code pénal".
3. Loi du 20 avril 1810 :
- Bien que moins explicitement discutée, cette loi est mentionnée en lien avec les principes de droit pénal et les procédures applicables. La décision souligne l'importance de respecter les dispositions légales en matière de droits des accusés, notamment en ce qui concerne les infractions politiques.
En conclusion, la décision de la Cour de cassation met en lumière l'importance des textes législatifs dans l'évaluation des infractions et des procédures pénales, tout en soulignant les droits des individus face à des accusations de nature politique.