Résumé de la décision
La Cour de cassation a été saisie d'un pourvoi du Procureur général près la Cour d'appel de Lyon contre un arrêt de la Cour d'appel de Lyon en date du 3 janvier 1964. Cet arrêt avait relaxé Dame X... du chef du délit prévu par l'article 335-2° du Code pénal, tout en la condamnant pour proxénétisme à deux mois d'emprisonnement et à des mesures de privation de droits. La Cour de cassation a cassé et annulé l'arrêt de la Cour d'appel, estimant que celle-ci n'avait pas justifié sa décision.
Arguments pertinents
1. Interprétation du délit : La Cour de cassation a rappelé que le délit prévu par l'article 335-2° du Code pénal ne nécessite pas que les personnes aient racolé des clients dans l'établissement en vue de la prostitution. Il suffit qu'elles aient recherché des clients dans cet établissement. Cela souligne une interprétation large du délit, qui vise à sanctionner toute forme de facilitation de la prostitution.
2. Constatations de la Cour d'appel : L'arrêt attaqué a constaté que Dame X... recevait des prostituées dans son établissement, mais a conclu que ces dernières n'avaient pas accompli d'actes positifs pour inviter des clients à la prostitution. La Cour de cassation a jugé que cette conclusion n'était pas suffisante pour justifier la relaxe, car les constatations faites ne prenaient pas en compte la recherche active de clients.
Interprétations et citations légales
- Article 335-2° du Code pénal : Cet article stipule que "le fait de rechercher des clients pour la prostitution, même sans racolage direct, constitue un délit". La Cour a souligné que la recherche de clients est un élément constitutif du délit, indépendamment de la manière dont cela se manifeste dans l'établissement.
- Article 7 de la loi du 20 avril 1810 : Cet article, qui traite des exigences de motivation des décisions judiciaires, a été invoqué pour soutenir que la décision de la Cour d'appel manquait de base légale. La Cour de cassation a estimé que l'arrêt n'avait pas suffisamment motivé sa décision en se fondant sur des éléments factuels qui ne justifiaient pas la relaxe.
En conclusion, la décision de la Cour de cassation met en lumière l'importance d'une interprétation rigoureuse des textes de loi relatifs à la prostitution et souligne la nécessité d'une motivation adéquate dans les décisions judiciaires.