Résumé de la décision
Dans cette affaire, la Cour d'appel d'Amiens a confirmé une décision ordonnant à Dame Veuve X... d'élaguer chaque année les arbres dont les branches empiètent sur le chemin traversant son jardin, entravant ainsi l'exercice d'un droit de passage dont bénéficie son voisin Y.... Le pourvoi formé par Dame X... a été rejeté, notamment en raison de la confirmation préalable de l'existence de la servitude au profit du fonds dominant.
Arguments pertinents
1. Sur le premier moyen : Le pourvoi soutenait que la décision de la Cour d'appel devrait être annulée en raison de la cassation de l'arrêt reconnaissant l'existence de la servitude. Cependant, la Cour a relevé que le pourvoi contre cet arrêt avait été rejeté, rendant ainsi le moyen sans objet.
2. Sur le second moyen : Le pourvoi contestait la décision de la Cour d'appel d'avoir cumulé le petit et le possessoire sans surseoir à statuer, malgré une contestation sérieuse sur le droit de copropriété de Y.... La Cour a statué que les actions relatives à l'élagage, bien qu'elles relèvent de la compétence du tribunal d'instance, sont de nature pétitoire et ne sont pas soumises à l'interdiction de l'article 25 du Code de procédure civile. Elle a également noté que le juge d'instance avait correctement refusé de surseoir à statuer, car l'article 673 du Code civil permet l'exercice de l'action en élagage indépendamment de la nature du droit réel à protéger.
Interprétations et citations légales
1. Article 673 du Code civil : Cet article stipule que "tout propriétaire peut, dans le cas où les branches d'un arbre dépassent sur le fonds d'autrui, demander l'élagage de ces branches". La Cour a interprété cet article comme permettant à Y... d'exercer son droit d'élagage, indépendamment des contestations sur la nature du droit de passage.
2. Article 25 du Code de procédure civile : Cet article interdit de cumuler les actions en matière de possession et de propriété, mais la Cour a jugé que cela ne s'appliquait pas aux actions d'élagage, qui sont considérées comme des actions de nature pétitoire. Cela a permis à la Cour d'admettre l'existence d'un droit réel à protéger sans surseoir à statuer.
3. Sur la nature des droits : La Cour a également noté que Dame X... avait saisi le tribunal de grande instance pour statuer sur la nature des droits de Y..., ce qui justifiait que le juge d'instance n'ait pas sursis à statuer sur l'action en élagage.
En conclusion, la décision de la Cour d'appel est fondée sur une interprétation cohérente des textes de loi applicables, confirmant ainsi le droit de Y... à l'élagage des arbres de Dame X... en raison de l'existence d'une servitude de passage.