Résumé de la décision
La Cour de cassation a déclaré le pourvoi du gouvernement du Vietnam irrecevable contre un arrêt de la chambre d'accusation de la Cour d'appel de Paris en date du 10 juillet 1964. Cet arrêt avait précédemment jugé irrecevable l'opposition du gouvernement à une décision rendue le 21 mai 1964, qui avait ordonné la mise en liberté provisoire d'un inculpé, X..., en attendant une décision sur une demande de transfert. La Cour a confirmé que le gouvernement vietnamien n'avait pas qualité pour intervenir dans la procédure française, ni pour faire opposition à une décision judiciaire à laquelle il n'était pas partie.
Arguments pertinents
1. Irrecevabilité de l'opposition : La Cour a jugé que la loi du 10 mars 1927 ne prévoyait pas l'intervention du gouvernement vietnamien dans la procédure française. Elle a affirmé que « ni les dispositions de la loi du 10 mars 1927, ni celles du protocole d'accord, ni aucun autre texte, n'autorisent un État étranger à intervenir dans la procédure soumise aux chambres d'accusation françaises ».
2. Qualité pour agir : La Cour a souligné que le gouvernement vietnamien n'était pas partie à l'instance et, par conséquent, n'avait pas la capacité de faire opposition à une décision rendue dans une cause où il n'avait aucune qualité pour intervenir. Elle a déclaré que « le gouvernement vietnamien n'était pas recevable à former opposition à une décision rendue dans une cause où il n'avait à aucun moment qualité pour intervenir ».
3. Absence de demande d'extradition : La Cour a noté que le gouvernement vietnamien n'avait pas adressé une demande d'extradition, mais un mandat d'arrêt international. Cela a été un point crucial pour établir que le gouvernement n'avait pas la qualité pour agir dans la procédure française.
Interprétations et citations légales
1. Loi du 10 mars 1927 : Cette loi régit l'extradition des étrangers et ne prévoit pas la possibilité pour un gouvernement étranger d'intervenir dans les procédures judiciaires françaises. La Cour a précisé que « la loi du 10 mars 1927 ne prévoyait pas l'intervention du gouvernement qui avait sollicité l'extradition ».
2. Protocole d'accord du 16 septembre 1954 : Ce protocole établit des règles de coopération judiciaire entre la France et le Vietnam, mais ne confère pas de droits aux individus ou aux gouvernements étrangers pour intervenir dans les procédures judiciaires françaises. La Cour a affirmé que « la convention du 16 septembre 1954 ne donnant aucun droit à l'individu, objet d'un mandat d'arrêt international, de solliciter, le cas échéant, son extradition ».
3. Code de procédure pénale - Article 142, 4° : Cet article stipule les conditions dans lesquelles une chambre d'accusation peut être saisie. La Cour a interprété que même si la chambre d'accusation pouvait être compétente pour statuer sur une demande de mise en liberté provisoire, cela devait se faire dans le cadre d'une procédure ordinaire incluant un représentant du gouvernement concerné.
En conclusion, la décision de la Cour de cassation repose sur une interprétation stricte des textes législatifs et des accords internationaux, confirmant que l'absence de qualité pour agir du gouvernement vietnamien dans la procédure française entraîne l'irrecevabilité de son pourvoi.