Résumé de la décision
Dans l'affaire opposant X... à la Société Régionale des Entreprises Malherbaud et Gendre et à l'Entreprise Malherbaud et Gendre, la Cour de cassation a rejeté le pourvoi formé par les sociétés à la suite d'un arrêt de la Cour d'appel de Paris. X... avait été engagé en tant que directeur par contrat en 1951, et après avoir été licencié en 1957, il a contesté la rupture de son contrat de travail. La Cour d'appel a jugé que la rupture était abusive et a accordé à X... un rappel de salaires, diverses indemnités et des dommages-intérêts. Les sociétés ont contesté cette décision, arguant que les juges avaient mal interprété les faits et que les griefs invoqués après le licenciement n'avaient pas été pris en compte.
Arguments pertinents
1. Sur la première branche du moyen de cassation :
- Les sociétés ont soutenu que la Cour d'appel avait dénaturé leurs conclusions en ne tenant pas compte de leur argument selon lequel X... n'avait pas reçu un supplément de salaire correspondant à un mois entier. Cependant, la Cour de cassation a relevé que cette dénaturation ne pouvait être retenue car elle n'avait eu aucune influence sur la décision. La Cour a précisé : « la dénaturation visée par le pourvoi porte uniquement sur une nouvelle explication donnée par les sociétés » et a conclu que cette explication n'avait pas d'impact sur la décision.
2. Sur la seconde branche du moyen de cassation :
- Les sociétés ont également contesté la décision de la Cour d'appel de déclarer la rupture abusive, arguant que les griefs invoqués après le licenciement auraient dû être examinés. La Cour de cassation a rejeté cet argument, affirmant que les griefs étaient d'ordre technique et que l'expert avait conclu qu'aucun document déterminant n'avait été produit pour soutenir ces griefs. La Cour a affirmé : « aucune délégation de pouvoirs n'a été donnée » et a constaté que les juges avaient légitimement justifié leur décision en constatant que les griefs n'avaient pas été établis.
Interprétations et citations légales
1. Interprétation des conventions et des preuves :
- La Cour de cassation a souligné que les juges du fond avaient correctement interprété les conventions des parties et apprécié la portée des éléments de preuve. Cela est en ligne avec le principe selon lequel les juges sont libres d'apprécier les preuves qui leur sont soumises. Cette liberté est essentielle pour garantir une justice équitable, comme le stipule le Code civil - Article 1134 : « Les conventions légalement formées tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faites. »
2. Sur la rupture abusive :
- La décision de la Cour d'appel de considérer la rupture comme abusive repose sur l'absence de justification des griefs invoqués. Cela s'inscrit dans le cadre de la protection des droits des travailleurs, tel que prévu par le Code du travail - Article L1232-1, qui stipule que « tout licenciement doit être justifié par une cause réelle et sérieuse. » La Cour a ainsi affirmé que le licenciement de X... avait été décidé avec « une légèreté blâmable, sinon avec un esprit certain de malice et d'animosité. »
En conclusion, la Cour de cassation a confirmé la décision de la Cour d'appel, rejetant les arguments des sociétés et affirmant que la rupture du contrat de travail de X... était abusive, en raison de l'absence de preuves suffisantes pour justifier les griefs invoqués.