Résumé de la décision
La Cour de cassation a été saisie d'un pourvoi formé par X (André) contre deux jugements du tribunal de police de Reims, l'un ordonnant un transport sur les lieux et l'autre condamnant X à une amende pour avoir utilisé un désherbant interdit à proximité de vignes. Le pourvoi a été rejeté sur le premier moyen, jugé irrecevable, mais a été accueilli sur le second moyen, entraînant l'annulation des jugements. La Cour a statué que l'interdiction d'utiliser des produits à base d'hormones n'était pas applicable en l'absence de délimitation des zones interdites, ce qui rendait l'infraction non punissable.
Arguments pertinents
1. Irrecevabilité du premier moyen : La Cour a souligné que le demandeur n'avait pas soulevé l'irrégularité de la citation devant le tribunal de police, ce qui l'empêche de le faire pour la première fois devant la Cour de cassation. En vertu de l'article 385 du Code de procédure pénale, cette irrégularité doit être relevée au stade du tribunal de police.
> "Il appartient au prévenu de relever cette irrégularité devant le tribunal de police ; que, ne l'ayant pas fait, le demandeur ne saurait, en vertu de l'article 385 du Code de procédure pénale, être admis à proposer pour la première fois devant la Cour de cassation, la nullité dont il se prévaut."
2. Absence de délimitation des zones interdites : Pour le second moyen, la Cour a statué que l'interdiction d'utiliser des désherbants à base d'hormones dans une zone de 150 mètres autour des vignes n'était pas applicable puisque le comité d'entente, chargé de délimiter ces zones, n'avait pas été constitué. La Cour a noté que l'interdiction était subordonnée à cette délimitation.
> "L'interdiction de l'emploi des hormones prévue par l'article 9 est subordonnée à la délimitation des zones définies à l'article 6."
Interprétations et citations légales
1. Article 524 du Code de procédure pénale : Cet article impose au juge de police d'informer le contrevenant de la possibilité de verser une amende de composition avant toute citation. La Cour a précisé que l'irrégularité de la citation aurait dû être soulevée par le prévenu au tribunal de police.
> "L'article 524 du Code de procédure pénale prescrit au juge de police, saisi d'un procès-verbal constatant une contravention, de faire informer le contrevenant de la faculté qu'il a de verser, à titre d'amende de composition, une somme qui est fixée par le juge."
2. Arrêté préfectoral du 27 février 1963 : Les articles 5 et 6 de cet arrêté stipulent que la délimitation des zones interdites doit être effectuée par un comité d'entente. La Cour a affirmé que sans cette délimitation, l'infraction ne pouvait être retenue.
> "Dans chaque commune viticole intéressée par les dispositions suivantes, sera constitué à la diligence du maire un comité d'entente communal... le comité d'entente aura pour mission de fixer les limites des zones."
3. Article 9 de l'arrêté préfectoral : Cet article établit l'interdiction d'utiliser des désherbants à base d'hormones dans la zone A, mais cette interdiction ne peut être appliquée que si la zone a été correctement délimitée.
> "Dans la zone A, l'emploi de toutes les spécialités désherbantes et débroussaillantes à base d'hormones est strictement interdit."
En conclusion, la décision de la Cour de cassation repose sur une interprétation stricte des textes de loi, soulignant l'importance de la procédure et de la délimitation des zones interdites pour que l'infraction soit constituée.