Résumé de la décision
Dans cette affaire, le fermier Z... a demandé l'annulation d'une vente consentie par les bailleurs, les consorts X..., à Y... le 10 avril 1962. La cour d'appel a débouté Z... de sa demande, considérant qu'il n'avait pas accepté dans le délai de quinze jours prévu par l'article 797 du Code rural les conditions de vente modifiées par les bailleurs dans leur lettre du 21 mars 1962. La cour a également noté que les conditions de paiement imposées étaient différentes de celles accordées à l'acquéreur Y..., et que Z... n'avait pas contesté le prix qu'il jugeait excessif.
Arguments pertinents
1. Interprétation des offres : La cour a constaté que l'offre du 25 septembre 1961 ne portait que sur une partie de la propriété, alors que celle du 21 mars 1962 concernait la totalité de la propriété. Ainsi, Z... n'avait que quinze jours pour exercer son option conformément à l'article 797 du Code rural.
> "L'offre faite par la lettre du 25 septembre 1961 ne portait pas sur la totalité de la propriété louée mais sur la partie située sur la commune de Villette."
2. Conditions de paiement : La cour a souligné que la lettre du 21 mars 1962 stipulait un paiement comptant, avec un versement préalable du prix conditionnant le transfert de propriété. La vente a été réalisée au comptant quelques jours après l'expiration du délai accordé à Z..., ce qui a été jugé conforme aux conditions offertes.
> "Le transfert de propriété sera subordonné au versement préalable du prix entre les mains du notaire de sorte que la vente ne deviendra parfaite qu'une fois le versement effectué."
3. Absence de contestation par Z... : La cour a noté que Z... n'avait pas accepté l'offre en raison du prix qu'il considérait comme excessif, et qu'il aurait dû saisir le tribunal paritaire pour demander une fixation de la valeur vénale du bien, ce qu'il a négligé de faire.
> "Si Z... n'a pas accepté l'offre c'est en raison du prix, qu'il estimait excessif."
Interprétations et citations légales
1. Article 797 du Code rural : Cet article stipule que le bénéficiaire d'un droit de préemption doit exercer son option dans un délai de quinze jours. La cour a interprété que ce délai s'appliquait à Z... pour l'offre faite le 21 mars 1962, qui constituait une nouvelle offre.
> Code rural - Article 797 : "Le bénéficiaire du droit de préemption dispose d'un délai de quinze jours pour faire connaître son acceptation."
2. Conditions de vente et transfert de propriété : La cour a précisé que le transfert de propriété ne se réalise qu'après le versement du prix, ce qui était conforme aux conditions stipulées dans la lettre du 21 mars 1962. Cela a été interprété comme une condition préalable à la réalisation de la vente.
> "La vente Y... ayant été réalisée au comptant quelques jours après l'expiration du délai donné au fermier, elle a été faite aux conditions offertes à ce dernier."
En conclusion, la décision de la cour d'appel a été fondée sur une interprétation rigoureuse des offres échangées et des délais légaux, ainsi que sur l'absence d'actions de la part de Z... pour contester le prix de vente. Le pourvoi a été rejeté, confirmant la validité de la vente.