Résumé de la décision
Dans cette affaire, la défenderesse au pourvoi soutenait que celui-ci était irrecevable, arguant que son mari avait reconnu la compétence du tribunal de Bruxelles en introduisant une nouvelle demande en divorce après le prononcé de l'arrêt attaqué. Cependant, la Cour a jugé que cette saisine ne constituait pas un acquiescement à l'arrêt précédent. En conséquence, le pourvoi a été déclaré recevable.
Sur le fond, la Cour a examiné la question de la compétence du tribunal de la Seine pour connaître de la demande en divorce. Elle a constaté que, bien que les époux aient été domiciliés en Belgique, le domicile conjugal était fixé à Paris, où le mari exerçait sa profession. La Cour a conclu que le mari n'avait pas prouvé qu'il avait transféré son domicile à Paris au moment de la requête en divorce. Par conséquent, la décision des juges d'appel, qui avaient infirmé la compétence du tribunal de la Seine, a été confirmée.
Arguments pertinents
1. Recevabilité du pourvoi : La Cour a établi que le fait d'introduire une nouvelle demande en divorce devant le tribunal de Bruxelles ne constitue pas un acquiescement à l'arrêt attaqué. Elle a précisé : « le fait par Y... d'avoir saisi le tribunal de Bruxelles n'implique pas acquiescement à l'arrêt attaqué ; d'où il suit que le pourvoi est recevable. »
2. Compétence des juges d'appel : La Cour a souligné que les juges d'appel avaient le droit de statuer non seulement sur la compétence, mais également sur les mesures provisoires, y compris la pension alimentaire. Elle a affirmé : « ayant à se prononcer, non pas exclusivement sur la compétence, mais éventuellement sur les mesures provisoires, la Cour d'appel a, à bon droit, statué après débats en chambre du conseil. »
3. Évaluation de la preuve de domicile : La Cour a noté que le mari devait prouver qu'il avait transféré son domicile à Paris. Elle a indiqué que les juges d'appel avaient souverainement apprécié les éléments de preuve et que leur conclusion était justifiée : « en déduisant des éléments qui leur étaient soumis et qu'ils ont souverainement appréciés, que Y... n'apportait pas la preuve qu'il avait transféré son domicile à Paris, les juges du second degré... ont légalement justifié leur décision. »
Interprétations et citations légales
Dans cette décision, plusieurs aspects juridiques sont abordés, notamment la compétence des juridictions en matière de divorce et la notion de domicile. Les juges ont appliqué des principes de droit qui relèvent du Code civil, en particulier en ce qui concerne la détermination du domicile conjugal et la compétence territoriale.
- Compétence territoriale : La Cour a rappelé que le domicile conjugal est déterminant pour établir la compétence des juridictions. Selon le Code civil - Article 102 - « le tribunal compétent est celui du domicile conjugal des époux au moment de la demande en divorce. »
- Preuve du domicile : La charge de la preuve incombe à celui qui allègue un changement de domicile. Le Code civil - Article 110 - stipule que « celui qui prétend avoir changé de domicile doit prouver ce changement. »
En conclusion, la décision illustre l'importance de la preuve en matière de domicile et la compétence des juridictions, tout en clarifiant que des actions ultérieures dans d'autres juridictions ne constituent pas nécessairement un acquiescement à des décisions antérieures.