Résumé de la décision
Dans cette affaire, Dame Y..., ancienne ouvrière coupeuse au service des Établissements Daim-Mode, a contesté un jugement qui lui avait accordé un rappel de salaires et de congés payés en vertu de la convention collective des industries de l'habillement. Les Établissements Daim-Mode ont formé un pourvoi, arguant que le jugement était entaché de défaut de motifs et de manque de base légale, notamment en raison de l'absence de saisine préalable d'une commission paritaire de conciliation. Le tribunal a rejeté le pourvoi, confirmant que la classification de Dame Y... dans la catégorie K était justifiée, en se basant sur les dispositions de la convention collective.
Arguments pertinents
1. Sur la saisine préalable d'une commission paritaire : Les Établissements Daim-Mode ont soutenu que le jugement ne pouvait être fondé sur l'absence de saisine d'une commission paritaire de conciliation, comme l'exige l'article 40 de la convention collective. Le tribunal a répondu que cette question ne relevait pas de la compétence de la juridiction prud'homale, ce qui a permis de rejeter cet argument.
> "D'OU IL SUIT QUE NOUVEAU ET MELANGE DE FAIT ET DE DROIT, LE MOYEN NE SAURAIT ETRE ACCUEILLI."
2. Sur la classification de Dame Y... : Le jugement a classé Dame Y... dans la catégorie K pour son activité de coupeuse, en se basant sur la distinction faite dans la convention collective entre les différents types de travaux de coupe. Le tribunal a souligné que la classification des travaux ne permettait pas d'assimiler la coupe au ciseau et la coupe au tranchant sans arbitraire.
> "QUE LE JUGEMENT ATTAQUE RELEVE EXACTEMENT QUE POUR LES VETEMENTS DE CUIR, AUCUN TRAVAIL DE COUPE N'EST CLASSE DANS UNE CATEGORIE INFERIEURE A LA CATEGORIE J."
Interprétations et citations légales
1. Article 40 de la convention collective : Cet article impose la saisine d'une commission paritaire avant de porter un litige devant le juge. Le tribunal a interprété que cette exigence ne s'appliquait pas dans le cas présent, ce qui a permis de valider le jugement sans cette précondition.
2. Classification des travaux : La convention collective des industries de l'habillement précise les catégories de classification en fonction des matériaux. Le tribunal a noté que pour les vêtements de daim, les travaux de coupe sont classés dans la catégorie K, ce qui a justifié la décision de classer Dame Y... dans cette catégorie.
> "QU'EN CE QUI CONCERNE LES VETEMENTS DE DAIM ELLE SE REFERE AUX TRAVAUX SUR VETEMENTS DE CUIR, EN CLASSANT CERTAINS DANS LA CATEGORIE IMMEDIATEMENT SUPERIEURE."
3. Code civil - Article 1134 : Ce texte stipule que les conventions légalement formées tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faites. Le tribunal a appliqué ce principe pour justifier que la convention collective devait être respectée dans son intégralité, sans interprétation arbitraire.
En conclusion, le tribunal a rejeté le pourvoi, affirmant que le jugement était fondé sur une interprétation correcte des dispositions de la convention collective et que les arguments des Établissements Daim-Mode ne suffisaient pas à remettre en cause la décision initiale.