Résumé de la décision
Dans cette affaire, les époux X... ont vendu aux époux Y... un fonds de commerce de graineterie, tout en se réservant la possibilité de continuer certaines activités concurrentes. Les époux Y... ont contesté le prix d'achat en raison d'inexactitudes dans les chiffres d'affaires et les bénéfices déclarés par les vendeurs. La Cour d'appel de Rouen a confirmé la décision de première instance, qui avait réduit le prix de vente de plus de la moitié, estimant que les énonciations de la vente étaient fausses et avaient pour but de tromper les acquéreurs. La Cour a rejeté le pourvoi des époux X..., considérant que les juges du fond avaient correctement exercé leur pouvoir d'appréciation.
Arguments pertinents
1. Inexactitudes des énonciations : La Cour a constaté que les vendeurs n'avaient pas tenu de comptabilité régulière et que les chiffres d'affaires déclarés étaient inexacts. Elle a noté que "les énonciations de la vente sont fausses et n'ont eu pour but que de tromper les acquéreurs".
2. Réduction du prix de vente : La Cour a jugé que la réduction du prix à 15.000 NF était justifiée, affirmant que "les énonciations succinctes des chiffres d'affaires... ne reflétaient aucunement... l'ampleur et les modalités des activités exercées et cédées".
3. Application de la loi du 29 juin 1935 : La Cour a appliqué les dispositions de l'article 13 de la loi du 29 juin 1935, qui permet la réduction du prix en cas d'inexactitudes dans les déclarations faites lors de la vente.
4. Absence de nécessité d'expertise : La Cour a estimé qu'il n'était pas nécessaire de recourir à une expertise, car les juges avaient déjà fait "bonne justice" en réduisant le prix d'achat.
Interprétations et citations légales
1. Loi du 29 juin 1935 - Article 13 : Cet article permet aux acheteurs de demander une réduction du prix en cas d'inexactitudes dans les déclarations des vendeurs. La Cour a souligné que "l'action est recevable et fondée en ce qu'elle procédait des dispositions de l'article 13 de la loi du 29 juin 1935".
2. Code civil - Article 1674 : Bien que ce texte soit mentionné dans le pourvoi, la Cour a précisé qu'il n'a pas été le fondement de la demande ni de la décision attaquée, indiquant que "c'est en vertu de ce dernier texte que la réduction du prix de cession a été prononcée".
3. Absence de comptabilité régulière : La Cour a mis en avant que l'absence de comptabilité régulière de la part des vendeurs a été un facteur déterminant dans l'appréciation des inexactitudes des énonciations, renforçant l'idée que "les énonciations de la vente sont fausses".
En conclusion, la décision de la Cour d'appel de Rouen repose sur une analyse rigoureuse des faits et des éléments de preuve, confirmant que les époux Y... avaient été trompés par les époux X... concernant la valeur réelle du fonds de commerce. La Cour a exercé son pouvoir souverain d'appréciation des preuves et a appliqué correctement la législation pertinente.