Résumé de la décision
Dans cette affaire, Dame A... a intenté une action en réparation des dommages résultant d'une brûlure au cuir chevelu causée par un appareil de coiffure utilisé par Z..., son coiffeur. Un premier jugement rendu le 1er juillet 1958 a ordonné une expertise médicale sans statuer définitivement sur le principe de la responsabilité de Z.... Un second jugement, statuant sur le fond, a été rendu le 30 septembre 1959. Z... a interjeté appel des deux jugements le 6 novembre 1959. La cour d'appel a déclaré l'appel irrecevable concernant le premier jugement, le qualifiant de jugement mixte, et a estimé que l'appel était tardif. La Cour de cassation a cassé cette décision, considérant que le premier jugement n'avait pas statué définitivement sur la responsabilité, et que par conséquent, il ne pouvait pas être qualifié de jugement mixte.
Arguments pertinents
1. Caractère du jugement : La Cour de cassation a souligné que le jugement du 1er juillet 1958 n'avait pas statué définitivement sur le principe de la responsabilité de Z..., ce qui signifie qu'il ne pouvait pas être considéré comme un jugement mixte. La décision de la cour d'appel de le qualifier ainsi était erronée. La Cour a affirmé que "la mission donnée aux experts étant de rechercher, notamment, l'origine et la cause des dommages, le tribunal n'avait point statué définitivement sur le principe de la responsabilité de Z...".
2. Droit d'appel : En vertu de l'article 451 du Code de procédure civile, un jugement avant dire droit peut être frappé d'appel, sauf s'il a un caractère mixte. La Cour a précisé que le jugement en question n'avait pas ce caractère, permettant ainsi à Z... d'interjeter appel avant le jugement définitif.
Interprétations et citations légales
1. Article 451 du Code de procédure civile : Cet article stipule que "en toutes matières, à l'exception de celles pour lesquelles cette voie de recours est interdite par la loi, tout jugement avant dire droit pourra être frappé d'appel avant le jugement définitif". Cela établit le principe selon lequel les parties peuvent faire appel d'un jugement avant dire droit, sauf si celui-ci a un caractère mixte.
2. Caractère mixte des jugements : La décision de la cour d'appel a été fondée sur l'idée que le jugement du 1er juillet 1958 avait un caractère mixte, ce qui excluait la possibilité d'un appel. Cependant, la Cour de cassation a interprété que le jugement n'avait pas statué sur le principe de la responsabilité, ce qui contredit cette qualification. La Cour a affirmé que "la décision n'avait pas, dès lors, un caractère mixte de nature à exclure la possibilité d'un appel conjoint avec le jugement sur le fond".
En conclusion, la décision de la Cour de cassation a permis de clarifier l'application de l'article 451 du Code de procédure civile en ce qui concerne les jugements avant dire droit et leur caractère mixte, réaffirmant ainsi le droit d'appel des parties dans des situations similaires.