Résumé de la décision
Dans cette affaire, la Cour de cassation a annulé un arrêt de la Cour d'appel d'Aix-en-Provence qui avait refusé de reconnaître le caractère d'accident du travail pour X..., un ouvrier mineur décédé subitement. La Cour d'appel avait fondé sa décision sur le fait que la veuve de la victime avait déclaré l'accident dix-huit mois après le décès, ce qui aurait empêché la réalisation d'une autopsie. La Cour de cassation a jugé que cette interprétation était erronée, car la veuve avait respecté le délai légal de déclaration d'accident et aucune faute ne pouvait lui être imputée.
Arguments pertinents
1. Charge de la preuve : La Cour de cassation a souligné que, selon l'article 477 du Code de la sécurité sociale, la présomption d'imputabilité ne peut être remise en cause que si la caisse de sécurité sociale demande une autopsie et que les ayants droit s'y opposent. Dans ce cas, la veuve n'a pas opposé son refus à une demande d'autopsie, ce qui signifie qu'elle ne devait pas prouver le lien de causalité entre l'accident et le décès.
2. Délai de déclaration : La Cour a également noté que la veuve avait fait une déclaration d'accident dans le délai légal de deux ans, conformément à l'article 472, alinéa 2, qui impose cette obligation à l'employeur, et non aux ayants droit. Par conséquent, la Cour d'appel a erronément inversé la charge de la preuve.
Interprétations et citations légales
1. Article 477 du Code de la sécurité sociale : Cet article stipule que "ce n'est qu'au cas où la caisse de sécurité sociale a demandé l'autopsie de la victime et où les ayants droit de celle-ci s'y sont opposés, que ceux-ci perdent le bénéfice de la présomption d'imputabilité". Cela signifie que la présomption d'imputabilité est maintenue tant qu'aucune autopsie n'est demandée ou que les ayants droit n'y opposent pas leur refus.
2. Article 472, alinéa 2 du Code de la sécurité sociale : Cet article précise que "la déclaration d'accident du travail doit être faite dans un délai de deux ans par l'employeur". Il est important de noter que cette obligation ne s'applique pas aux ayants droit, ce qui signifie que la veuve n'a pas commis de faute en déclarant l'accident après le décès de son mari.
En conclusion, la décision de la Cour de cassation a réaffirmé que la charge de la preuve ne peut être déplacée sans fondement légal et que les ayants droit conservent leurs droits tant que les conditions de l'article 477 ne sont pas remplies.